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Calibrage
de l'écran
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CALIBRAGE ou CALIBRATION DE
L'ÉCRAN - première partie
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Faites-vous
au moins ce cadeau, effectuez un calibrage (calibration en anglais) de votre écran
avec une sonde. Vous n'avez pas idée à quel
point cela changera votre façon de travailler ! Ayant
comme tout le monde bien connu le logiciel Adobe Gamma, je ne peux m'empêcher
de conseiller à tous les photographes - amateurs ou
pros - d'en acquérir une !
Absolument
INDISPENSABLE pour qui travaille des images sur ordinateur,
le calibrage de l'écran ne peut malheureusement se
faire efficacement sans une sonde de calibrage vendue avec
son logiciel de création de profils ICC ou
ICM. Les prix ont beaucoup baissé depuis un an
puisque la sonde Spyder2Express coûte
99 € maintenant (version bridée mais
correcte) même si je conseille vivement les sondes Monaco
Optix XR ou Eye One Display II de Gretag Macbeth
qui coûtent elles aux environs de 200/250 € TTC.
Cela ne me semble vraiment pas très cher au regard
du prix du matériel de prise de vue numérique
et des sommes, parfois importantes, englouties dans les cartouches
d'encre et de papier ou encore des ordinateurs, pour les services
que cela rend.
Le calibrage
d'un écran - on emploie parfois le terme anglais, calibration
- se fait en fait en deux étapes : le calibrage
proprement dit et la caractérisation ensuite.
C'est lors de cette deuxième étape seulement
qu'est créé le profil ICC de l'écran
( caractéristiques de l'appareil ). Dans un premier
temps, je vais expliquer ces deux termes. Même si je
vais insister sur le calibrage avec une sonde, dans une deuxième
partie j'expliquerai pourquoi ce n'est pas seulement indispensable
mais aussi très différent de calibrer son écran
avec Adobe Gamma de Photoshop. Ensuite, je terminerai
avec les principales étapes du calibrage d'un écran.
Dans les pages suivantes seront traitées différentes
sondes du marché, à commencer dans un premier
temps par les sondes Monaco
Optix XR et ColorPlus
puis viendra la sonde Spyder2Express
de Colorvision.

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La
problématique
Comme
on l'a vu précédemment, tous les appareils de
reproduction des couleurs les reproduisent avec des déformations
qui leur sont propres. On voudrait que l'écran affiche
un gris neutre et il affiche un gris avec une dominante, sans
compter les défauts du scanner, etc. Le calibrage va
consister à envoyer vers l'écran une série
de signaux RVB dont on connaît précisément
la couleur absolue ( donc les valeurs XYZ dans l'espace CIE XYZ ou La*b* dans
l'espace LAB ) et de mesurer avec une sonde comment
il les affiche réellement.
Pour prendre un exemple : si j'envoie un signal RVB du type
128, 128, 128 vers un écran non calibré, il y a très peu de chance qu'il affiche un gris neutre. Il est fort probable qu'il va afficher un gris avec une légère dominante colorée ( rougeatre, verdatre etc.). La sonde va mesurer cette "vraie" couleur
affichée (donc sa valeur LAB) et placer l'information dans le profil ICC de
cet écran. Avec ce profil ainsi créé,
on saura quel signal RVB corrigé donc R'B'V' envoyer vers cet écran
pour qu'il affiche la bonne couleur LAB, ici une couleur
neutre. Quand je voudra afficher un gris neutre sur cet écran, dorénavant,
la carte graphique devra lui envoyer un signal du genre - 124,
128, 128 - pour tenir compte de sa caractéristique -
qui est en l'occurrence un défaut- dans les rouges.
Voyons maintenant les deux étapes du calibrage de l'écran
que sont le calibrage (calibration en anglais) et la caractérisation.
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Pour
s'assurer que l'appareil de reproduction des couleurs qu'est
un écran fonctionne dans des conditions optimales,
il faut d'abord le calibrer ou l'étalonner. C'est-à-dire qu'il faut
optimiser son fonctionnement de base et le placer dans des
conditions de travail connues et si possible stables. Avec
l'écran qui nous préoccupe sur cette page, c'est
fixer une bonne fois pour toutes :
Cette opération peut se faire de deux manière différente selon la qualité de l'écran que l'on a acheté :
-
Avec un écran qualifié de non-art-graphique, cela se fait par l'intermédiaire des touches Menu
et de la sonde qui sert pendant cette étape
d'outil d'étalonnage. Une série de vignettes
apparaissent à l'écran pour permettre ce calibrage.
Un des points les plus importants est la possibilité
qu'offre ou pas le logiciel de contrôler précisément
la quantité de lumière qu'il doit émettre,
au maximum et au minimum. Celle-ci devrait être idéalement
proche de 85/95 candelas au m² au maximum dans le cas
d'un écran CRT et se situer entre 110/160 candelas au m²
dans le cas d'écran plat, selon l'environnement lumineux. Ceci ne peut se faire qu'à
l'aide d'un appareil de mesure. L'il humain en est absolument
incapable sans élément de comparaison.
- Avec un écran art-graphique, il suffit de fixer ces quatre valeurs cibles dans un menu et de lancer tout simplement le calibrage qui se fait alors automatiquement.
A noter qu'une fois l'écran caractérisé -
c'est-à-dire profilé -, il ne faudra surtout
pas retoucher à ces réglages ! Sinon, il faudrait
refaire la caractérisation, donc recréer un
autre profil ICC pour ces nouvelles conditions de calibrage.
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C'est
pendant cette deuxième étape qu'est réellement
créé le profil ICC de l'écran, compte
tenu des réglages qui ont été réalisés
à l'étape précédente, c'est-à-dire pendant le calibrage. On va mesurer
les caractéristiques du moniteur placé
dans des conditions de fonctionnement "idéales"
ou en tout cas connues et précises (Idéales sous entend que l'on aurait alors plus besoin de profiler l'écran). Le logiciel de
calibrage envoie une série de signaux RVB sur l'écran
et les couleurs affichées sont analysées et
comparées aux couleurs idéales - L*a*b*
- du Consortium ICC grâce à la sonde -
un colorimètre ici -. ( Attention
: Si vous faites la caractérisation avec votre il
vous ne ferez qu'une comparaison et non une mesure. Cette
étape est donc impossible avec Adobe Gamma).
Le logiciel réalise donc la carte d'identité
colorimétrique de l'appareil en mesurant :
-
L'espace qu'il est
capable de reproduire par rapport à l'espace L*a*b*;
il est le résultat du point blanc et noir de cet
écran et de la saturation maxi du phosphore contenu
dans les luminophores.
-
Et comment
il le reproduit - quel signal RVB pour quelle couleur LAB.
Toutes
les déformations des couleurs affichées à
l'écran par rapport aux couleurs L*a*b* vont
être soigneusement notées dans ce fichier spécial,
le profil ICC de cet écran. Quand la carte graphique
voudra afficher telle ou telle couleur CIE LAB, elle
saura exactement quel signal RVB lui envoyer afin qu'il les
affiche correctement, en tenant compte de ses fameuses caractéristiques.
Un fichier ICC peut donc être un fichier assez lourd
car il peut contenir un nombre impressionnant d'informations.
Les couleurs que peut afficher un écran sont effectivement
très nombreuses ! Avec l'il cela ne peut-être
qu'approximatif même si cela fait parfois illusion car
le gamut d'un écran n'est pas très large.
Remarque
: comme je l'ai dit dans la première page de ce dossier
- notions
générales - les longueurs d'onde fixées
par la CIE pour les trois couleurs primaires sont 700,
546 et 436 nm. Pour produire ces couleurs précises,
un moniteur envoie des électrons grâce à
un canon sur une grille où se juxtaposent des milliers
de luminophores bleus, rouges et verts posés en rang
très serrés - c'est ce qu'on appelle le pas
de la grille c'est-à-dire autour de 0,25 mm -. De la
qualité de ces phosphores dépendra étroitement
la qualité du tube. Par contre, ils ne peuvent être
changés pour un tube donné. On peut plus ou
moins les bombarder d'électrons mais pas les changer.
Donc si l'écran possède des phosphores qui excités
émettent du bleu à 438 nm au lieu de 436, c'est
absolument irrattrapable. Il n'existe aucun moyen pour transformer
CETTE couleur. Il en est de même pour les deux autres
couleurs primaires. Mais alors que mesure la sonde et à
quoi sert un profil ICC si les trois couleurs primaires ne
sont pas idéales et qu'on ne peut les changer ?
Et bien c'est très simple ! La sonde mesure précisément
quelle est la couleur - la longueur d'onde - des phosphores
RVB d'un écran dans un premier temps sur différents
niveaux de luminosité selon le type de logiciel créateur
de profils.
Les couleurs se multiplient pratiquement à l'infini.
Les trois couleurs primaires ne sont donc QUE trois couleurs
- un peu plus si l'on tient compte des différents niveaux
de luminosité possibles pour chacune de ces trois couleurs
- parmi des millions que devra afficher l'écran. Or
toutes les autres couleurs sont toujours un pourcentage
de trois ou de deux couleurs primaires. Il sera alors
assez facile de changer légèrement le pourcentage
de celles-ci pour finalement afficher correctement une couleur
quelconque. Seules les trois couleurs primaires ne seront
jamais affichées correctement par CET écran
s'il possède un défaut. C'est donc dérisoire
mais presque un comble : afficher correctement les couleurs
avec trois couleurs de bases fausses !!! Et pourtant...
Important
Vous
voyez bien déjà que manifestement
votre il ne pourra pas faire cette étape
correctement. Il faudrait avoir "l'il
absolu" ! En effet, comment peut-on mesurer
avec son il la luminosité réelle
ou la longueur d'onde d'une couleur ? La caractérisation
sert à cela. La sonde va réellement
mesurer la lumière en quantité
& en qualité. Les caractéristiques
de l'écran vont être placées
dans le profil ICC de CET écran. Un il
ne peut le faire correctement, malheureusement.
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Ecrans
CRT ou TFT?
Du
seul point de vue de la retouche photo, certains se demandent
encore si l'on peut utiliser un écran TFT ou LCD en remplacement
du bon vieux CRT encombrant et lourd. Il est clair que l'on
puisse répondre par oui maintenant, même s'ils
restent encore très - trop - chers pour les meilleurs d'entre eux, qualifiés "d'art graphique".
C'est notamment le cas des écrans Eizo de la
série L et Coloredge dont le fameux CG221
et plus récemment encore le superbe écran
panoramique CG 220. La Cie vient de sortir trois
écrans TFT très intéressants pour les
photographes, les Cie 321, 320 et 319 et annonce un tout nouveau 526 panoramique, très bon semble-t-il. On peut également
citer NEC et Quato et son superbe Intelliproof 21
que je possède maintenant. Les spécialistes
de la gestion de la couleur migrent maintenant vers les
TFT et se séparent de leurs
CRT Arts Graphique qui ne sont de toutes les façons plus fabriqués.
A
lire...
Maxime
Champion teste régulièrement dans la revue "Le photographe"
les derniers écrans plats et nous confirme s'il en était encore besoin que les écrans ont définitivement et avantagueusement remplacés les écrans CRT !
La
Color-académy, sur son site Internet, a publié
un test
comparatif entre quatre écrans plats
haut de gamme. Très instructif!
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D'autant plus qu'il est possible maintenant de les calibrer
- notamment avec Monaco Optix XR et GMB Eye
One Display II - et c'est surtout intéressant lorsque
l'on possède un ordinateur portable que l'on veut optimiser
et rendre le plus proche possible de son écran principal.
Cela dit, j'ai eu l'occasion de calibrer des TFT avec cette
sonde et j'ai pu constater que l'on arrivait à un très
bon calibrage également (écran Formac
pour Mac). La perception de l'écran calibré
était très proche de mon écran CRT calibré
avec cette même sonde.
Suite ... Calibrage
de l'écran II 
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Pour
aller plus loin...
Quatre
livres s'imposent, livres que vous trouverez
également dans ma bibliographie.
"
Gestion de la couleur - Calibrage et profils
ICC " -
Gérard Niemetzky - 194 p - 2 ° édition © 2004, Eyrolles, Paris. Devenu
incontournable. Ce livre très clair
explique le pourquoi du comment de la
gestion des couleurs. Bref, une nouvelle
référence d'autant qu'il
vient d'être réédité
donc parfaitement d'actualité.
"
Gestion des couleurs " - 510 p - Bruce Fraser, Chris Murphy
- © 2003. Peachpit Press. Par d'autres
grands noms de la gestion des couleurs
mais outre-Atlantique ! Uniquement pour
ceux qui veulent aller plus loin mais
c'est une vraie bible de la gestion de
la couleur !
"
La gestion des couleurs pour les photographes " - 214 p - Jean Delmas - ©
2005. Eyrolles. A ne pas manquer également!
Le fonctionnement de la gestion des couleurs
avec le pilote de scanner Vuescan est
particulièrement claire.
"
Calibrage facile pour les photographes
" - 124 p - Gérard Niémetzky-
© 2005. ColorAcadémy. Premier
cahier pratique d'une série qui
s'adresse uniquement aux photographes;
c'est très clair et accessible
sans être simpliste. Très
bien.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
- X-Rite a racheté GretagMacbeth et vend aujourd'hui les produits Gretag. Les kits Monacosystems se trouveront plus que d'occasion. Dommage.
En vente
et en
démo sur le site La
gestion des couleurs.
- Colorvision vend de nombreux kits de calibrage
d'écrans.
- Profil couleur présente de nombreux tutoriaux sur la gestion des couleurs où vous trouverez d'autres informations sur le calibrage des écrans.
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