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Forum
Aux Questions
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NOBLEX
: LE SCULPTEUR
DE LUMIÈRE
ou comment harmoniser ses images à la prise de
vue ?
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Par
son principe de fonctionnement, le Noblex offre
la possibilité fabuleuse d'harmoniser l'exposition
des photos à la prise de vue et je vais la décrire
en détail dans cet article.
C'est cette méthode qui m'a permis de réaliser
mes diapositives de nuit. Les films positifs étant
réputés pour n'accepter qu'un faible écart
de contraste, cela m'a permis d'obtenir de très
belles photographies sans surexposition majeure. La
nuit, en ville, les écarts de luminosité
peuvent être en effet très importants.
Tous ceux qui s'y sont essayé le savent !
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Le
film est posé en arc de cercle
Je
ne reviendrai pas dans le détail ici sur
le fonctionnement des appareils photo panoramiques rotatifs
en général et des Noblex en particulier
car je l'ai fait sur la page Noblex
150 u du Forum aux Questions.
L'exposition
Je
veux simplement rappeler ici que pour exposer
la pellicule, l'objectif va balayer le champ photographié
en projetant l'image à travers une fente étroite
sur le film posé en arc de cercle dans le fond
de l'appareil photo. C'est la vitesse de passage de
cette fente qui va donner le temps de pose.
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Coupe
du Noblex vu du dessus.
Tout
le film ne reçoit donc pas au même instant
la quantité de lumière dont il a besoin
pour être correctement exposé.
Ainsi,
si l'on cache l'objectif par moment pendant la pose,
seule cette partie du film ne recevra pas de lumière
pendant CE tour. Si la pose nécessite un seul
tour et que l'on a caché l'objectif à
certains moments, certaines zones verticales seront
noires sur le film. Maintenant, si la pose nécessite
plusieurs tours pour que le film soit correctement exposé
et que l'on cache le film à certains endroits,
NON PLUS pendant toutes les poses mais seulement pendant
un ou quelques tours, il s'en suivra une sous-exposition
de cet endroit uniquement.
C'est
avec ce principe que l'on va " jouer " pour
sculpter la lumière.
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Afin
de maquiller, on aura recourt au mode multiexposition
des Noblex. Dans ce mode, il est possible de
faire autant de photos que l'on veut sans, bien entendu,
avancer le film. Mais, et c'est beaucoup plus intéressant,
on peut changer à loisir le temps de pose pendant
la pose elle-même ou entre deux poses différentes.
Ce point est tout particulièrement important.
Différents
cas de figures peuvent se présenter :
-
Soit le temps de
pose est relativement court ( au dessus de 2 sec).
On peut soit choisir de ne faire qu'un seul tour
avec le temps de pose utile mais limiter les possibilités
de maquillage.
-
Soit utiliser
la multiexposition avec des sous multiples du temps
de pose de base.
Exemple : ma cellule m'indique
1/15 eme de sec à f 11.0. Pour que ma pellicule
soit correctement exposée, je peux poser soit
:
-
Un seule fois 1/15
sec. Si je maquille une zone elle ne recevra pas
du tout de lumière.
-
2 fois 1/30 eme
de sec. Si je cache une partie de la pellicule pendant
un tour, elle sera sous-exposée d' un diaph.
-
4 fois 1/60 eme
de sec. Si je cache une partie de la pellicule pendant
un tour, elle sera sous-exposée de 1/4 de
diaph, sur deux tours, d' 1/2 diaph etc...
Et comme l'appareil n'expose pas toute la pellicule
en même temps il est même possible d'exposer
telle partie complètement, telle autre à
1/2 diaph et encore telle autre à 1/4 de
diaph.
Soit
le temps de pose est plus long que les deux secondes
de pose max. : il faut alors utiliser autant de fois
que l'on a besoin ce temps de base.
Exemple
: pour obtenir 8 sec de pose on peut choisir 8 fois
1 sec ou 4 fois 2 sec ou encore 3 fois 2 sec et 2
fois 1 sec etc. On peut vraiment faire ce que l'on
veut !
Exemple sur une image
:
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Dans
cet exemple, le temps de base était de 16 sec
( 8 fois 2 sec ) pour la partie centrale, la plus sombre.
J'ai donc caché l'objectif à différents
endroits et sur plusieurs tours selon mes besoins :
1 - Trois tours sur huit pour
la zone 10 sec;
2 - Deux tours sur huit pour la zone 12 sec;
3 - Un seul tour sur huit pour la zone 14 sec.
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Cette diapositive n'a subi aucune transformation sous
Photoshop. C'est l'original tel que vous le verriez
sur une table lumineuse.
Autre exemple,
la nuit :
J'ai
besoin de poser en général 45 sec à
F 11.0 avec une pellicule de 100 ASA à Paris.
Soit 23 tours de 2 sec en mode multiexposition. Si je
cache une portion d'image pendant un tour, la correction
en sous-exposition apportée à cette zone
sera infime et totalement invisible ( 1/20 ième
de diaph. ).
Si
par contre, une partie est très brillante ( souvent
le cas en ville ) et qu'elle n'a besoin que de trois
ou quatre tours ( 6 ou 8 sec. ), je vais la cacher pendant
tous les autres pour ne pas la surexposer. Dans le cas
le plus extrême, l'amplitude de contraste pourrait
être de 5 diaph + 2.3 + 4 = 11.5 diaph en tout
( dont 5.5 propre au film ). on peut jouer à
l'infini avec cette méthode pour apporter des
touches, comme un peintre le ferait...
Je
vous assure que la nuit, je ne reste pas les bras croisés
à attendre que les minutes passent. J'ai de quoi
m'occuper avec le maquillage. Je trouve même cela
passionnant. J'ai le sentiment de faire de la peinture
impressionniste, si j'ose dire !

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La
mesure au spotmètre
Le
Noblex ne possède pas de cellule intégrée.
Il existe tout de même une cellule spéciale,
la Panolux, qui permet de travailler en tout
automatique. Cette cellule permet aussi de compenser
l'exposition entre la gauche et la droite pour tenir
compte de l'orientation du soleil en mode de mesure
incidente. Cela permet de sous-exposer légèrement
le côté au soleil et surexposer le
côté à l'ombre. La vitesse de
rotation change graduellement pendant la pose. Très
utile et efficace en plein soleil, cet accessoire
est inutile dans le cas présent. Pour information,
sachez que la correction droite/ gauche atteint
trois diaphragmes depuis la dernière version.
Étant
totalement inutilisable la nuit, je me sers donc d'une
cellule indépendante : le spotmètre
de Minolta.
La
mesure se fait en plusieurs étapes :
-
La mesure
globale. Elle permet de déterminer le temps
de pose dont aura besoin la grande majorité
de la photo. Pour exemple, autour de la Seine
à Paris : 45 sec à F11.0 pour 100
ASA.
-
La mesure
des zones qui seront sous-exposées par
rapport à ce temps de base. Ces zones auront
besoin de poses supplémentaires.
-
Et enfin
la mesure des zones qui risqueront d'être
surexposées. Ces zones auront besoin de
maquillage pendant le temps de base.
Une
fois que l'on a mesuré tout cela, on peut
démarrer la pose quand le ciel possède
la luminosité qui convient pour qu'il y ait
sur la pellicule la densité voulue. Je ne
l'aime pas quand il est noir.
Cependant, il faut faire
Attention
au fait que l'appareil met plusieurs minutes
pour faire un seul tour de 2 sec de pose ( deux
minutes). Si la cellule indique 6 sec pour que le
ciel soit exposé comme on veut, il ne faut
pas oublier qu'il va s'écouler plus de quatre
minutes entre le début du premier tour et
le début du troisième tour. La luminosité
du ciel aura beaucoup diminuée pendant ce
temps. Il faudra compenser en démarrant simplement
un peu plus tôt !

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J'ai
choisi un spotmètre car lui seul permet de mesurer
précisément les lumières - j'entends
par là de toutes petites zones - afin de les
"placer" comme on veut, comme on dit en Zone-Système
- ZS - .
Placer les lumières en Zone-Système
veut dire décider quel rendu on veut leur donner.
Bref
rappel : quand la cellule indique un couple vitesse
/ diaphragme / sensibilité, la zone mesurée
sera rendue par un gris moyen - le même que
la charte gris neutre Kodak, par exemple - si l'on
applique directement ce qu'elle indique. Toutes les
cellules fonctionnent ainsi. L'inconvénient,
c'est que la cellule ne sait pas ce que l'on vient
de mesurer. Est-ce que l'on a mesuré une surface
colorée et de quelle couleur ? Est-ce que l'on
a mesuré une surface très réfléchissante
ou très sombre ? Comme la cellule ne peut le
deviner, il va falloir interpréter son résultat.
-
Si la zone est
un gris moyen et que l'on suit les indications de
la cellule, elle sera correctement exposée.
-
Si la zone est
blanche en plein soleil, elle sera largement sous-exposée.
-
Enfin, si elle
est sombre et dans l'ombre, elle sera largement
surexposée.
Il faudra
donc ouvrir ou fermer le diaphragme ( par exemple
) pour en tenir compte et obtenir ainsi le résultat
escompté.
On place ses lumières quand on décide
exactement quelle luminosité ou rendu on veut
pour cette zone - plus ou moins blanc avec plus ou
moins de détails -. Des essais préliminaires
nous auront permis de savoir comment se comporte telle
ou telle pellicule en sous ou surexposition.
En Zone-Système
on parle de zone de O à X. La zone médiane
est le gris moyen, zone V, la zone X représente
le blanc du papier et le noir absolu du papier est
représenté par la zone O. Il est important
de noter que cela fonctionne très bien avec
les tirages N & B mais qu'il faut l'adapter car
je travaille en positif couleur.
Le blanc de la diapo est obtenu dès la zone
VII 2/3. Le noir sans détail est obtenu en
zone I, I 1/2. L'écart de contraste est nettement
plus réduit en diapo qu'en négatif N
& B ou même couleur.
Si je
mesure une zone lumineuse à F45 pour 45 sec
de pose - je rappelle que le diaphragme de base est
F 11.0 - elle sera donc surexposée de quatre
diaphragmes. Sur une diapositive, comme on vient de
le voir, cette partie sera donc complètement
blanche - " cramée " -. Il va donc
falloir que je maquille cette zone pour lui donner
les valeurs que je souhaite.
Il est intéressant de noter aussi que l'on
perd une très grosse portion de l'info colorée
au dessus de 1 diaphragme par rapport à ce
qu'indique la cellule.
Pour reprendre mon exemple, j'ai envie que la zone
ne soit plus cramée, même si je perds
l'info colorée. Je devrai donc placer cette
zone entre + 1 et + 2 diaph donc à F22.0 /
F16.0 ou, ce qui est équivalent il faudra sous-exposer
cette zone de 1 ou 2 diaphragmes et donc ne poser
cette zone que de 22 ou 12 sec.
Pendant 11 ou 22 tours il faudra maquiller cette zone.
Il
en va de même pour les zones sous-exposées.
Il faudra leur ajouter des temps de pose additionnels
en cachant les zones déjà correctement
exposées.

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Le
maquillage, comment faire ?
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Les
caches
Le
maquillage se fait à l'aide de caches noirs
mats plus ou moins grands. Je m'en suis confectionné
deux. Un petit ( largeur 4 cm et hauteur 1 cm ) et
un grand de 11×11 cm pour cacher l'intégralité
de la fenêtre de l'objectif. Il est important
que le grand cache déborde largement pour éviter
les lumières parasites sur les côtés.
Il faut, comme dans un labo photo, qu'ils soient légers
et maniables.
La
vitesse de la tourelle
Plus
la tourelle tournera lentement et plus il sera facile
de faire un maquillage car il sera facile de suivre
le mouvement de la tourelle. Il est ainsi possible
d'en faire avec le Noblex 150 jusqu'au 1/15
ème de sec. Il va sans dire qu'à deux
secondes de pose effective ils sont très faciles
à réaliser puisque, je le répète,
la tourelle met deux minutes pour faire un tour complet.
Les
mouvements
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Coupe
de profil du Noblex.

Tout
en suivant l'objectif pendant sa rotation, ( selon
l'angle et la surface que l'on a besoin de cacher
) il suffit d'imprimer un léger mouvement de
va-et-vient vertical au cache devant l'objectif -
pour éviter, comme en laboratoire, de marquer
les contours du maquillage et ainsi créer une
zone de transition - . Selon la taille de la zone
à occulter il faudra veiller à reculer
plus ou moins le cache et le placer plus ou moins
haut. On peut ainsi cacher n'importe quelle zone de
la photo ( en haut, en bas, à droite ou à
gauche ) pendant le temps que l'on aura prédéterminé
pendant la phase de mesure de la lumière.
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Il
m'est arrivé un cas pendant une photo
de nuit où une petite zone de la photo
n'avait besoin que de 2 sec de pose, soit
un seul tour : il m'a fallu rester concentré pendant les cinquante minutes de pose
( pose effective de 50 sec ) pour cacher |
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cette zone pendant les 24 tours suivants.
Pour la petite histoire, cela a très
bien fonctionné ! C'est d'ailleurs
la photo qui a été
choisie par l'équipe rédactionnelle
de Réponse-Photo dans son numéro
126 de septembre 2002 - dossier panoramique
- pour illustrer l'article sur le Noblex.
Ce jour-là , j'ai vraiment pris conscience
de l'avantage de cet appareil utilisé
de la sorte. |
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Toujours
avec pour soucis d'apporter, par petites touches successives,
des temps de pose additionnels dans les parties les
plus sombres de la photo, il m'arrive d'arrêter
l'appareil pour ne le rallumer que lorsque telle ou
telle fenêtre s'éclaire, que telle péniche
passe devant des arbres dans l'ombre et les éclaire
avec son éclairage puissant. Il me suffit alors
de placer la tourelle porte-objectif juste un peu
avant le sujet dans l'ombre tout en masquant l'objectif
avec mon grand cache et de redémarrer l'appareil
quand les projecteurs éclairent ce détail
de la photo. Voilà pourquoi j'aime photographier
près de la Seine.
Les
changements de temps de pose
Pendant
la pose, il est possible de changer de vitesse entre
deux tours. Il peut arriver, ponctuellement, que l'on
ait besoin d'une pose très brève. Ce
fut le cas quand j'ai photographié le chapelet
de lever de lune au dessus du Pont Neuf depuis le
pont des Arts. Quand la lune fit son apparition, elle
était orange et peu lumineuse. Le temps de
pose utile était donc de 2 sec. Mais au fur
et à mesure qu'elle s'élevait dans le
ciel bien transparent, elle devenait de plus en plus
lumineuse. Or je voulais absolument voir les mers
sur la pleine lune. J'ai donc dû réduire
le temps de pose progressivement pour finir au 1/125
eme de sec vers la fin, quand elle se trouvait bien
haute dans le ciel. Et comme ce temps de pose était
vraiment très court, il n'était pas
besoin de cacher le reste de la photo.

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Grâce
à son système de fonctionnement (
balayage de l'objectif devant le sujet et le film
) on peut remarquer un effet direct sur les traces
laissées par les feux des voitures.
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Quand
on pose trente secondes avec un appareil photo
classique, les voitures laissent des
traces continues sous forme
de raies lumineuses ininterrompues
et très
denses ( rouges ou blanches/jaunes selon le
côté ). Dans le cas des appareils |
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rotatifs, ces mêmes traces seront discontinues,
beaucoup plus courtes et des deux couleurs
sur la même photographie grâce
à l'angle de champ très large. Cela apporte du dynamisme aux photographies
de nuit car les temps de pose sont trop longs
pour que l'on y distingue des personnes.  |
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