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Généralités
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LA
GESTION DE LA COULEUR
: CONVERTIR UNE IMAGE
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Puisqu'il
existe des espaces couleurs plus ou moins grand, des
profils ICC pour chaque périphérique,
il faut maintenant savoir communiquer la bonne couleur,
la même couleur dans la mesure du possible d'un
appareil vers un autre en tenant compte de ses caractéristiques.
C'est la conversion des valeurs RVB ou CMJN qui s'en
occupe. Voyons pourquoi et comment maintenant...
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Comment
les appareils communiquent-ils la "bonne" couleur
?
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Il
y a plus de onze ans, un organisme
international, l'International
Color Consortium - ICC
- fondé par Adobe, Microsoft,
Apple, Agfa, Kodak, Silicon Graphics
et Sun a inventé et installé,
d'abord sur un ordinateur Apple,
un outil fabuleux : Colorsync.
En 1995 étaient donc inventés
les profils ICC -
ou ICM pour Microsoft
® - et les outils de conversion
des couleurs qui doivent forcément
l'accompagner. Or en 1995, l'outil
Colorsync était seulement
un outil de conversion et non un
outil de création de profils
ICC ou ICM. Ils restaient
donc à inventer !
En fait, l'ensemble de ces outils
de création de profils et
de conversion ne sont performants
que depuis deux ou trois ans pour
le grand public, c'est-à-dire
depuis que Photoshop en est
à sa version 6 et
depuis que des sociétés
comme MonacoSystems ou
GretagMacBeth ont créé
de formidables logiciels de création
de profils abordables et des sondes
de qualité. C'est donc tout
récent !
En fait, chaque appareil, image
etc... possède un profil
ICC qui lui est propre et que sait
interpréter un logiciel comme
Photoshop. Il peut attribuer
un profil à une image ou
bien "traduire" les couleurs,
on dit convertir une image,
d'un appareil vers un autre. Les
appareils peuvent donc communiquer
par l'intermédiaire du CMM
et de leur profil ICC. Dans
Photoshop depuis la version
6, il se nomme : moteur ACE.
Il n'y en avait pas avant cette
version dans Photoshop.
Pour
fonctionner, le CMM - moteur de
conversion de couleur - a besoin
de savoir quel profil est attribué
à une image - profil ICC
d'origine - pour savoir à
quelles couleurs LAB il a
affaire pour des signaux RVB
donnés et
vers quel appareil l'envoyer - profil
de destination -, donc le convertir
en signaux R'V'B'. Le CMM est
la plaque tournante et est basé
sur les couleurs LAB et non
des signaux RVB ou CMJN car, comme
nous l'avons vu à plusieurs
reprises, ses couleurs sont absolues.
Il sait qu'il doit transmettre comme
information telle ou telle couleur
LAB et grâce au profil
ICC sait à quel signal RVB
ou CMJN cela correspond pour celui-ci
et uniquement celui-ci. Il va donc
traduire cette couleur LAB, une
valeur RVB, en un autre
signal R'V'B' ou C'M'J'N' pour
que l'appareil de destination reproduise
bien la même couleur
LAB. S'il ne peut pas directement,
il va la remplacer par une autre
sans trahir la sensation visuelle
perçue. C'est là
surtout sa grande force ! Cette
opération de traduction s'appelle
une conversion et il existe
quatre façons différentes
de la faire selon le rendu désiré.
Nous étudierons cela plus
loin.
Valeurs
RVB et couleur Lab ?
Afin
de bien se représenter
pourquoi à une même
valeur RVB correspond une couleur
réelle - donc Lab - différente,
j'ai projeté quatre espaces
couleurs ou profils ICC différents
sur l'espace Lab. Ci-dessous,
on peut voir la partie supérieure
droite (vers les valeurs rouge)
de cette projection. L'angle de
chaque espace correspond à
la valeur rouge la plus saturée
puisque ayant comme coordonnées
RVB : 255, 0, 0. Or on constate
que cette même définition
de couleur ne se projette pas
au même endroit dans l'espace
Lab donc correspond bien à
des couleurs rouge différentes.
(Si, sur votre écran, vous
avez la sensation que ces quatre
points rouges ont la même
couleur c'est uniquement dû
au gamut de votre écran
qui ne permet plus de distinguer
des rouges pour des couleurs aussi
saturées.)
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Attribuer
ou convertir en profil ?
- Attribuer
un profil à une image sert
à savoir quelle couleur LAB
doit être affichée
ou imprimée en fonction des
valeurs RVB envoyées à
l'écran ou l'imprimante.
Cela sert à retrouver la
bonne couleur en tenant compte des
caractéristiques (des défauts)
de l'appareil. Si on regarde dans
Photoshop une photo sans profil
icc et qu'on lui en attribue un
- le sien -, son affichage change
- les couleurs Lab changent - mais
pas les valeurs RVB dans la palette
info. Pendant l'attribution, Photoshop
ne fait que traduire les définitions
RVB qu'il lit dans l'image en la
bonne couleur Lab.
-
Convertir
une image sert à changer les
valeurs RVB en R'V'B' d'une même
photo SANS changer - ou le moins possible
- les couleurs de celle-ci à
l'affichage ou à l'impression.
On a besoin de convertir une image
quand on veut par exemple imprimer
une image que l'on vient de scanner.
Non seulement chaque appareil "déforme"
les couleurs mais surtout, à
cause de leurs limites physiques,
ils ne peuvent pas reproduire le même
ensemble de couleurs. Traditionnellement,
les imprimantes sont reconnues pour
posséder un espace plus petit
que les moniteurs ou les scanners.
Cela ne les empêchent pas d'être
capables, sur certaines couleurs,
d'aller plus loin que ces appareils
! Dans tous les cas, on change d'espace
colorimétrique et donc de profil
- source vers destination - pour :
-
Conserver
une même couleur perçue,
une couleur LAB, d'un appareil
vers un autre, d'un espace vers
un autre, même s'il ne peut
théoriquement pas l'afficher
ou l'imprimer. Les valeurs RVB
qui correspondent à une
couleur LAB donnée dans
un espace (celui de l'APN) sont
changées en d'autres valeurs
R'V'B' correspondant à
la même couleur LAB - et
si ce n'est pas possible en une
couleur la plus approchante -
pour un autre périphérique,
par exemple, une imprimante.
-
Faire
correspondre les valeurs RVB de
la palette info avec les couleurs
à l'affichage. Comme on
l'a vu page précédente
sur le choix d'un espace
couleurs neutre comme espace
de travail, une fois que l'on
a attribué le profil icc
de notre scanner à une
photo que l'on vient de scanner,
elle s'affiche correctement mais
si l'on place la pipette info
dans une plage normalement gris
neutre, elle sera marquée
par une dominante (verte ou magenta
le plus souvent). Au lieu d'avoir
des valeurs RVB du style 115,
114, 115, on aura 119, 114, 109.
Il faut donc balancer les couleurs
à l'affichage et les valeurs
RVB correspondantes. Si l'on choisit
de convertir les valeurs RVB de
l'image vers un espace couleurs
neutre comme Adobe 98 ou DonRGB,
il y aura bien correspondance
entre ce que l'on voit et la palette
info.
Exemple
avec une image que j'ouvre dans
Photoshop sur mon écran calibré.
J'ouvre
une image - une mire IT 8
- qui vient de mon scanner figure.
a ci-dessous.
Pour l'exemple, j'ai choisi de l'ouvrir
sans profil dans un espace de travail
neutre et assez grand (Adobe
1998). Si je déplace
ma pipette sur la partie qui devrait
être gris neutre, je vois
à l'il nu qu'elle affiche
en gris brun et que le signal RVB
associé est 98, 91, 87. C'est
un affichage par défaut car
Photoshop, à ce stade,
ne peut utiliser les outils de la
gestion de la couleur ne sachant
pas d'où vient l'image et
donc quelles sont les caractéristiques
colorimétriques de l'appareil
qui a servi à la scanner
- son profil ICC -.
Il est donc temps d'attribuer
le bon profil à cette image
! Par le menu Image /Mode/attribuer
un profil, j'attribue
le profil de mon scanner (de préférence
un profil que j'ai créé
et non un profil générique)
figure
b ci-dessous. Les
valeurs RVB ne changent pas MAIS
les couleurs affichées, les
couleurs L*a*b*, elles, changent
! En tenant compte des caractéristiques
(des défauts) de mon scanner
en lisant son profil, Photoshop
sait maintenant que pour cet
appareil un signal 98, 91,87 doit
s'afficher avec une couleur neutre,
un gris neutre et non un gris brun.
L'image a d'ailleurs retrouvé
un contraste normal au passage.
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Figure
a.
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Figure
b.
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Mon
image possède maintenant un
profil qui est dépendant de
mon scanner mais qui s'affiche correctement
en tenant compte des caractéristiques
de mon scanner. Une valeur RVB neutre
(xxx) ne pourra donc pas s'y afficher
comme neutre. C'est ce que nous avons
vu à la page précédente
- Dépendant/indépendant
-. Pour que cela soit le cas, il faut
que je change d'espace colorimétrique
donc de profil ou plus exactement
d'espace couleurs. Je vais en choisir
un neutre perceptuellement comme Adobe
1998 ou sRGB grâce
à une conversion. Adobe
1998 est dit indépendant
d'un périphérique et
je le choisis plutôt que sRGB
parce qu'il est plus grand que celui
de mon scanner. J'aurai donc moins
de risques de perdre des couleurs
au moment de la conversion et plus
de "place" pour travailler
mes couleurs sans que celles-ci sortent
de mon espace de travail (hors-gamme).
Sur la figure
c, identique à
la figure
b, je vois mon image
correctement affichée mais
toujours avec le profil de mon scanner.
Par le menu Image/Mode/convertir
en profil, je vais convertir
cette image dans mon espace de travail,
Adobe 1998 figure
d. Cette fois ci, l'affichage
des couleurs L*a*b* ne change
pas MAIS les valeurs RVB associées
changent pour devenir "presque"
neutres 109, 110, 110. Je dis que
j'ai balancée mon image.
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Figure
c.
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Figure
d.
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Maintenant
que mon image est correctement affichée
et dans un espace de travail neutre
et large, je peux la retoucher à
ma guise avant de convertir dans l'espace
sRGB si je veux la diffuser
sur le net ou CMJN correspondant
à mon imprimante si je veux
l'imprimer.
Cas
particulier
Qu'en
est-il des valeurs RVB d'une
image quand on convertit
vers un espace PLUS grand
?
Imaginons
que j'ai attribué
le bon profil à ma
photo scannée pour
qu'elle s'affiche correctement
et que je l'ai converti
vers un espace de travail
neutre, exactement comme
dans l'exemple ci-dessus
à ceci près
que j'ai choisi cette fois
le sRGB. Une couleur
LAB neutre comme un gris
neutre est traduite par
une valeur RVB du type 109,
110, 110.
Imaginons maintenant que
je veuille convertir mon
image vers un profil d'espace
encore plus grand, donc
Adobe 1998. Sur la
figure ci-dessous, l'espace
sRGB est assombri
quand vous passez votre
souris dessus. L'espace
Adobe 98 est le plus
grand, le noir.
Toutes les couleurs
perçues s'afficheront
de la même manière
mais avec des valeurs RVB
différentes.
La raison
en est simple ! Si vous
regardez bien le schéma
ci-dessus vous voyez que
les espaces Adobe 98 et
sRGB sont représentés
par des triangles RVB plus
ou moins grands. Entre le
centre de ces triangles
et leurs pointes RVB, les
distances sont différentes
selon les espaces, or
elles sont toujours représentées
par des valeurs allant de
0 (au centre du triangle)
à 255 à chaque
pointe de triangle.
Donc pour une même
couleur CIE XYZ représentée
par un point quelconque
(mais à l'intérieur
des deux triangles) sur
ce graphique, vous obtiendrez
une définition de
couleurs différentes.
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Comment
se fait la conversion ?
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On
vient de voir dans le paragraphe ci-dessus les différents
rôles de la conversion. Quand on choisit de faire
une conversion, que se passe-t-il réellement
au niveau de mon image - les valeurs RVB - ? Comment
l'outil de conversion, le CMM, conserve au mieux les
couleurs LAB, c'est-à-dire la sensation visuelle
de la photo si l'appareil de destination ne le permet
pas comme c'est malheureusement souvent le cas avec
les imprimantes ? La conversion étant en quelque
sorte une traduction qui a pour mission de ne pas dénaturer
l'original.
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Comme
on l'a vu précédemment,
les espaces colorimétriques sont
plus ou moins grands. Certains sont
tellement grands qu'ils englobent tous
les autres (Prophoto ou DonRGB). Certains
sont tellement petits qu'ils sont englobés
par tous les autres. Mais parfois, certains
sont un peu plus grands vers telle ou
telle couleur mais inversement pour
telle autre. On le voit bien sur l'illustration
ci-contre.
Admettons que le profil de l'imprimante
soit le profil -
2 (noir) - et celui de votre
image le - 1,
(blanc) -. Votre image possède
des verts que l'imprimante ne
pourra pas reproduire car ils sont dit
hors-gamme. Aucune combinaison de CMJN
ne peut reproduire exactement cette
couleur LAB appartenant à
mon image. La conversion consiste à
faire " rentrer ", comme avec
un chausse-pied, ces verts dans l'espace
de l'imprimante pour qu'ils soient tout
de même imprimés alors
que normalement l'imprimante ne sait
pas le faire ! Grâce à
quatre règles de conversion qui
seront étudiées dans la
cinquième partie - paramétrer
Photoshop - le moteur de conversion
va transformer la photo pour que la
reproduction de celle-ci à l'impression
soit la plus proche possible de l'image
à l'écran, donc de l'image
d'origine. La sensation visuelle de
l'image convertie vers un espace plus
petit doit rester proche. Il y aura
forcément des pertes mais un
bon moteur saura les réduire
au maximum sans dénaturer les
sensations visuelles. Celui de Photoshop
est particulièrement puissant
si l'on choisit la bonne règle
de conversion. Évidemment certains
logiciels de retouche d'images, beaucoup
moins chers, ont aussi des outils de
retouche, comme les tampons et autres
de très bonne qualité,
mais aucun ne possède une bonne
gestion des couleurs. Cela a malheureusement
un prix...
Pour
finir, l'ordre dans lequel on va calibrer
sa chaîne graphique est très
important. Il faut commencer par l'écran
en tout état de cause. Ensuite
viendra le scanner puis l'imprimante.
Mais avant de les passer en revue, je
voudrais préciser encore quelques
notions de vocabulaire : le calibrage
et la caractérisation.
Suite...
Calibrage
et caractérisation
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Pour
aller plus loin...
Quatre
livres s'imposent, livres que vous trouverez
également dans ma bibliographie.
"
Gestion de la couleur - Calibrage et profils
ICC " -
Gérard Niemetzky - 194 p - 2 ° édition © 2004, Eyrolles, Paris. Devenu
incontournable. Ce livre très clair
explique le pourquoi du comment de la
gestion des couleurs. Bref, une nouvelle
référence d'autant qu'il
vient d'être réédité
donc parfaitement d'actualité.
"
Gestion des couleurs " - 510 p - Bruce Fraser, Chris Murphy
- © 2003. Peachpit Press. Par d'autres
grands noms de la gestion des couleurs
mais outre-Atlantique ! Uniquement pour
ceux qui veulent aller plus loin mais
c'est une vraie bible de la gestion de
la couleur !
"
La gestion des couleurs pour les photographes " - 214 p - Jean Delmas - ©
2005. Eyrolles. A ne pas manquer également!
Le fonctionnement de la gestion des couleurs
avec le pilote de scanner Vuescan est
particulièrement claire.
"
Calibrage facile pour les photographes
" - 124 p - Gérard Niémetzky-
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