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Guide de la gestion des couleurs : profil icc

 

 

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L'oeil & les couleurs
Le gamma
Espaces couleurs
Profil ICC
Convertir une image

Le calibrage ?








 

LA  GESTION DES COULEURS  :   CONVERTIR UNE PHOTO


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Généralités sur les couleurs

Pour aller plus loin ...

Convertir une photo

Communiquer la bonne couleur ?
La conversion ?
Mode relatif ou perceptif ?
Quelques livres & liens... - MàJ fév. 2010

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Les couleurs
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Puisqu'il existe des espaces couleurs plus ou moins grands, des profils ICC pour chaque périphérique, il faut maintenant savoir communiquer la bonne couleur, la même couleur dans la mesure du possible, d'un appareil vers un autre, en tenant compte de leurs caractéristiques. La communication de la bonne couleur ainsi que le changement des valeurs RVB correspondantes s'appelle la conversion. Voyons pourquoi et comment maintenant... sachant que c'est un peu comme dans un bureau de change : vous avez 100 euros en votre possession ( comme si vous étiez dans un espace colorimétrique donné ) et vous voulez l'équivalent en dollars ( vous voulez imprimer correctement votre fichier avec une imprimante et un papier donnés : c'est le bureau de change et le court du jour ( l'équivalent de l'espace LAB ) qui va vous donner l'équivalence...

 

 

Comment les appareils communiquent-ils la "bonne" couleur ?

Voilà très certainement les définitions les plus importantes à retenir pour une bonne compréhension de la gestion des couleurs.
La gestion des couleurs c'est la traduction des couleurs - les valeurs RVB deviennent R'V'B' - d'un appareil vers un autre pour tenir compte à chaque étape des caractéristiques de chacun - caractéristiques contenues dans leur profil ICC.

Il y a plus de quinze ans, un organisme international, l'International Color Consortium - ICC - fondé par Adobe, Microsoft, Apple, Agfa, Kodak, Silicon Graphics et Sun a inventé et installé, d'abord sur un ordinateur Apple, un outil fabuleux : Colorsync. En 1995 étaient donc inventés les profils ICC - ou ICM pour Microsoft ® - et les outils de conversion des couleurs qui doivent forcément l'accompagner. Or en 1995, l'outil Colorsync était seulement un outil de conversion et non un outil de création de profils ICC ou ICM. Ils restaient donc à inventer !
En fait, l'ensemble de ces outils de création de profils et de conversion ne sont performants que depuis cinq ans pour le grand public, c'est-à-dire depuis que Photoshop en est à sa version 6 et depuis que des sociétés comme MonacoSystems ou GretagMacBeth ont créé de formidables logiciels de création de profils abordables et des sondes de qualité. C'est donc tout récent !
En fait, chaque appareil, image etc... possède un profil ICC qui lui est propre et que sait interpréter un logiciel comme Photoshop. Il peut attribuer un profil à une image ou bien "traduire" les couleurs, on dit convertir une image, d'un appareil vers un autre. Les appareils peuvent donc communiquer par l'intermédiaire du CMM et de leur profil ICC. Dans Photoshop depuis la version 6, il se nomme : moteur ACE. Il n'y en avait pas avant cette version dans Photoshop.

Pour fonctionner, le CMM - moteur de conversion de couleur - a besoin de savoir quel profil icc est attribué à une image - profil ICC d'origine - pour savoir à quelles couleurs LAB il a affaire pour des signaux RVB donnés et vers quel appareil l'envoyer - profil icc de destination -, donc le convertir en signaux R'V'B'. Le CMM est la plaque tournante et est basé sur les couleurs LAB et non des signaux RVB ou CMJN car, comme nous l'avons vu à plusieurs reprises, les couleurs LAB sont absolues. Il sait qu'il doit transmettre comme information telle ou telle couleur LAB et grâce au profil ICC sait à quel signal RVB ou CMJN cela correspond pour celui-ci et uniquement celui-ci. Il va donc traduire cette couleur LAB, une valeur RVB, en un autre signal R'V'B' ou C'M'J'N' pour que l'appareil de destination reproduise bien la même couleur LAB. S'il ne peut pas directement, il va la remplacer par une autre sans trahir la sensation visuelle perçue. C'est là surtout sa grande force ! Cette opération de traduction s'appelle une conversion et il existe quatre façons différentes de la faire selon le rendu désiré. Nous étudierons cela plus loin.

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Valeurs RVB et couleur LAB ?

Afin de bien se représenter pourquoi à une même valeur RVB correspond une couleur réelle - donc Lab - différente, j'ai projeté quatre espaces couleurs ou profils ICC différents sur l'espace LAB. Ci-dessous, on peut voir la partie supérieure droite (vers les valeurs rouge) de cette projection. L'angle de chaque espace correspond à la valeur rouge la plus saturée puisque ayant comme coordonnées RVB : 255, 0, 0. Or on constate que cette même définition de couleur ne se projette pas au même endroit dans l'espace Lab donc correspond bien à des couleurs rouge différentes. (Si, sur votre écran, vous avez la sensation que ces quatre points rouges ont la même couleur c'est uniquement dû au gamut de votre écran qui ne permet plus de distinguer des rouges pour des couleurs aussi saturées.)



Pour une même valeur RVB - 255, 0, 0 dans cet exemple donc vers le rouge le plus saturé - on voit clairement sur cette projection de différents espaces couleurs ou profils ICC sur l'espace absolu LAB que la valeur rouge la plus saturée ne se projète au même endroit donc n'est pas représentée par la même couleur LAB.

 

Attribuer ou convertir en profil ?

- Attribuer un profil ICC à une image sert lui donner sa carte d'identité couleurs. Cela sert à savoir quelle couleur LAB doit être affichée ou imprimée en fonction des valeurs RVB envoyées à l'écran ou l'imprimante donc contenues dans le fichier numérique. Cela sert à retrouver la bonne couleur en tenant compte des caractéristiques (des défauts) de l'appareil. Si on regarde dans Photoshop une photo sans profil icc et qu'on lui en attribue un - le sien -, son affichage change - les couleurs LAB changent - mais pas les valeurs RVB dans la palette info. Pendant l'attribution, Photoshop ne fait que traduire les définitions RVB qu'il lit dans l'image en la bonne couleur LAB. C'est comme si vous trouviez un billet par terre d'un pays que vous ne connaissez pas; avant de vous donner son équivalent en euros, l'agent de change doit savoir de quel pays il provient donc quelle valeur absolu il a à cet instant. Il faut lui donner un nom : c'est son profil icc. Donner un nom - donc les bonnes couleurs pour ce fichier - s'appelle : attribuer un profil icc.

- Convertir une image sert à changer les valeurs RVB en R'V'B' d'une même photo SANS changer - ou le moins possible - les couleurs LAB de celle-ci à l'affichage ou à l'impression ( on converti d'une monnaie vers une autre; dans la main on aura plus ou moins de billets après la conversion mais toujours pour la même valeur absolue ). On a besoin de convertir une image quand on veut par exemple imprimer une image que l'on vient de scanner. Non seulement chaque appareil "déforme" les couleurs mais surtout, à cause de leurs limites physiques, ils ne peuvent pas reproduire le même ensemble de couleurs. Traditionnellement, les imprimantes sont reconnues pour posséder un espace couleur plus petit que les moniteurs ou les scanners, en 2009, essentiellement sur les papiers mats. Cela ne les empêchent pas d'être capables, sur certaines couleurs, d'aller plus loin que ces appareils ! Dans tous les cas, on change d'espace colorimétrique et donc de profil - source vers destination - pour :
  • Conserver une même couleur perçue, une couleur LAB, d'un appareil vers un autre, d'un espace vers un autre, même s'il ne peut théoriquement pas l'afficher ou l'imprimer. Les valeurs RVB qui correspondent à une couleur LAB donnée dans un espace (celui de l'APN) sont changées en d'autres valeurs R'V'B' correspondant à la même couleur LAB - et si ce n'est pas possible en une couleur la plus approchante - pour un autre périphérique, par exemple, une imprimante.
  • Faire correspondre les valeurs RVB de la palette info avec les couleurs à l'affichage. Comme on l'a vu page précédente sur le choix d'un espace couleurs neutre comme espace de travail, une fois que l'on a attribué le profil icc de notre scanner à une photo que l'on vient de scanner, elle s'affiche correctement mais si l'on place la pipette info dans une plage normalement gris neutre, elle sera marquée par une dominante (verte ou magenta le plus souvent). Au lieu d'avoir des valeurs RVB du style 115, 114, 115, on aura 119, 114, 109. Il faut donc balancer les couleurs à l'affichage et les valeurs RVB correspondantes. Si l'on choisit de convertir les valeurs RVB de l'image vers un espace couleurs neutre comme Adobe 98 ou DonRGB, il y aura bien correspondance entre ce que l'on voit et la palette info.

Exemple avec une image que j'ouvre dans Photoshop sur mon écran calibré -

J'ouvre une image - une mire IT 8 - qui vient de mon scanner figure. a ci-dessous. Pour l'exemple, j'ai choisi de l'ouvrir sans profil icc - je n'ai pas attribué le profil ICC de mon scanner à l'ouverture de l'image - dans un espace de travail neutre et assez grand (Adobe 1998). L'image pourtant s'affiche avec des couleurs par défaut. Chaque pixel contient des valeurs RVB qui sont interprétées dans l'espace de travail que vous avez choisit pour Photoshop - ici Adobe 1998 -.Si je déplace ma pipette sur la partie qui devrait être gris neutre puisque ma mire scannée est grise neutre à cet endroit, je vois à l'œil nu qu'elle affiche en gris brun et que le signal RVB associé est R : 98, V : 91 et B : 87. C'est un affichage par défaut car Photoshop, à ce stade, ne peut utiliser les outils de la gestion de la couleur ne sachant pas d'où vient l'image et donc quelles sont les caractéristiques colorimétriques de l'appareil qui a servi à la scanner - son profil ICC -. Or en Adobe 1998, RVB : 98, 91, 87 se traduit par un gris rougeâtre.
Il est donc temps d'attribuer le bon profil icc à cette image donc celui du scanner qui a servi à la scanner ! Par le menu Image /Mode/attribuer un profil de Photoshop jusqu'à PS CS2 et par le Menu Editions / Attribuer un profil pour PS CS3 et CS4, j'attribue le profil de mon scanner (de préférence un profil que j'ai créé et non un profil générique) figure b ci-dessous. Les valeurs RVB de la palette info ne changent pas MAIS les couleurs affichées, les couleurs L*a*b*, elles, changent ! En tenant compte des caractéristiques (des défauts) de mon scanner en lisant son profil icc, Photoshop sait maintenant que pour cet appareil un signal 98, 91,87 doit s'afficher avec une couleur neutre, un gris neutre et non un gris brun. L'image a d'ailleurs retrouvé un contraste normal au passage.


Mire IT 8 brute
Mire IT 8 profilée



Figure a.



Figure b.

Mon image possède maintenant un profil icc qui est dépendant de mon scanner mais qui permet de l'afficher correctement en tenant compte des caractéristiques colorimétriques de mon scanner. Une valeur RVB neutre (xxx) ne pourra donc pas s'y afficher comme neutre. C'est ce que nous avons vu à la page précédente - Dépendant/indépendant -. Pour que cela soit le cas, il faut que je change d'espace colorimétrique donc de profil ou plus exactement d'espace couleurs. Je vais en choisir un neutre perceptuellement comme Adobe 1998 ou sRGB grâce à une conversion. Adobe 1998 est dit indépendant d'un périphérique et je le choisis plutôt que sRGB parce qu'il est plus grand que celui de mon scanner. J'aurai donc moins de risques de perdre des couleurs au moment de la conversion et plus de "place" pour travailler mes couleurs sans que celles-ci sortent de mon espace de travail (hors-gamme).
Sur la figure c, identique à la figure b, je vois mon image correctement affichée mais toujours avec le profil de mon scanner. Par le menu Image/Mode/convertir en profil dans Photoshop jusqu'à PS CS2 ou par la Menu Editions / Converti en profil dans PS CS3 ou CS4, je vais convertir cette image dans mon espace de travail, Adobe 1998 figure d. Cette fois ci, l'affichage des couleurs L*a*b* ne change pas MAIS les valeurs RVB associées changent pour devenir "presque" neutres 109, 110, 110. Je dis que j'ai balancée mon image.




Figure c.



Figure d.

Maintenant que mon image est correctement affichée et dans un espace de travail neutre et large, je peux la retoucher à ma guise avant de convertir dans l'espace sRGB si je veux la diffuser sur le net ou CMJN correspondant à mon imprimante si je veux l'imprimer.

 

 

Les espaces couleurs 1 et 2 sont plus ou moins grands. Toutes les couleurs LAB en dehors de l'espace sont abscentes et ne peuvent être travaillées dans cet espace couleurs.

Par ailleurs, l'espace 1 contient des couleurs dans le vert plus saturées que l'espace 2.


Cas particulier

Qu'en est-il des valeurs RVB d'une image quand on convertit vers un espace PLUS grand ?

Imaginons que j'ai attribué le bon profil icc à ma photo scannée pour qu'elle s'affiche correctement et que je l'ai converti vers un espace de travail neutre, exactement comme dans l'exemple ci-dessus à ceci près que j'ai choisi cette fois le sRGB. Une couleur LAB neutre comme un gris neutre est traduite par une valeur RVB du type 109, 110, 110.
Imaginons maintenant que je veuille convertir mon image vers un profil d'espace encore plus grand, donc Adobe 1998. L'espace Adobe 98 est le plus grand, le noir.


Calibrage : gamut de deux appareils différents.


T
outes les couleurs perçues s'afficheront de la même manière mais avec des valeurs RVB différentes.
La raison en est simple ! Si vous regardez bien le schéma ci-dessus vous voyez que les espaces Adobe 98 et sRGB sont représentés par des triangles RVB plus ou moins grands. Entre le centre de ces triangles et leurs pointes RVB, les distances sont différentes selon les espaces, or elles sont toujours représentées par des valeurs allant de 0 (au centre du triangle) à 255 à chaque pointe de triangle. Donc pour une même couleur CIE XYZ représentée par un point quelconque (mais à l'intérieur des deux triangles) sur ce graphique, vous obtiendrez une définition de couleurs différentes.


Conclusion provisoire

Ainsi la première conversion - Périphérique vers espace neutre - permet de faire se correspondre les couleurs du fichier et des valeurs RVB cohérentes - un gris neutre à l'écran possède des valeurs RVB identiques -. Les conversions suivantes servent à changer les valeurs RVB d'un fichier quand celui-ci est envoyé vers un autre périphérique, une imprimante par exemple.


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Comment se fait la conversion ?
 

On vient de voir dans le paragraphe ci-dessus les différents rôles de la conversion. Quand on choisit de faire une conversion, que se passe-t-il réellement au niveau de mon image - les valeurs RVB - ? Comment l'outil de conversion, le CMM, conserve au mieux les couleurs LAB, c'est-à-dire la sensation visuelle de la photo si l'appareil de destination ne le permet pas comme c'est malheureusement souvent le cas avec les imprimantes ? La conversion étant en quelque sorte une traduction qui a pour mission de ne pas dénaturer l'original.

Espaces couleurs plus ou moins grands

Comme on l'a vu précédemment, les espaces colorimétriques dits de périphériques ou de travail, sont plus ou moins grands. Certains sont tellement grands qu'ils englobent tous les autres (Prophoto ou DonRGB). Certains sont tellement petits qu'ils sont englobés par tous les autres. Mais parfois, certains sont un peu plus grands vers telle ou telle couleur et inversement pour telle autre. On le voit bien sur l'illustration ci-dessous. Globalement, l'espace couleurs contenu dans le profil ICC de ce couple imprimante / papier est plus petit que le gamut de l'écran sauf vers les bleus - verts. Ces couleurs sont imprimbales mais invisibles à l'écran. C'est plus souvent l'inverse d'ailleurs.

Les espaces couleurs papier / imprimante et écran sont plus ou moins grands. Toutes les couleurs LAB en dehors de l'espace écran sont imprimables mais ne seront pas visibles sur cet écran.

Espaces couleurs comparés

Dit autrement certaines couleurs peuvent être contenues dans le fichier original mais pas être imprimables. Donc on observe deux cas de figures :

- Soit les couleurs d'origine sont imprimables,
- Soit les couleurs du fichier d'origine ne sont pas imprimables.

Dans le premier cas, si les couleurs de la photo sont imprimables, la conversion sert uniquement à changer les valeurs RVB de la photo pour obtenir sur le tirage la même couleur imprimée. Jusque là, tout va bien ! Mais que faire dans le second cas ou bien encore si le gamut de l'image est nettement plus grand que le gamut de l'imprimante ou bien ... l'inverse ?

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Conversion d'un espace colorimétrique vers un autre.


Conversion :
grâce aux moteurs de conversion, l'espace le plus grand, ici en clair va "rentrer" dans l'espace plus petit, celui de l'imprimante dans notre exemple en dénaturant le moins possible le fichier original.

Que faire des couleurs non-imprimables ?

Admettons que le profil de l'imprimante soit le profil - 2 (gris) - et celui de votre image le - 1, (blanc) -. Votre image possède des verts / jaunes que l'imprimante ne pourra pas reproduire car ils sont dit hors-gamme. Aucune combinaison de CMJN ne peut reproduire exactement cette couleur LAB appartenant à mon image. Comment faire alors ? La conversion consiste alors à faire " rentrer ", comme avec un chausse-pied, ces verts dans l'espace de l'imprimante pour qu'ils soient tout de même imprimés alors que normalement l'imprimante ne sait pas le faire ! L'impression visuelle doit rester la plus proche possible des sensations visuelles de l'image d'origine. Pour faire ce travail de chausse-pied, les outils de gestion de couleurs et de conversion se servent de quatre règles de conversion - dont deux seules servent pour les photographes : le mode relatif et le mode perceptif - qui sont étudiés ci-dessous. Il y aura forcément des pertes mais un bon moteur saura les réduire au maximum sans dénaturer les sensations visuelles. Celui de Photoshop est particulièrement puissant si l'on choisit le bon mode de conversion. Évidemment certains logiciels de retouche d'images, beaucoup moins chers, ont aussi des outils de retouche, comme les tampons et autres de très bonne qualité, mais aucun ne possède pas une bonne gestion des couleurs. Cela a malheureusement un prix...


Mode de rendu : relatif ou perceptif

Lorsque l'on effectue une conversion dans Photoshop notamment, il faut donc choisir d'une part le profil de destination mais également comme nous venons de le voir le Mode de rendu. De quoi s'agit-il ? Tout simplement de la façon dont sont gérer les couleurs hors gamut lors d'une conversion.


Note sur la conversion

La conversion s'occupe de changer les valeurs RVB et le mode de rendu s'occupe lui de savoir qu'est-ce-qu'on fait des valeurs hors gamuts.

Voyons cela maintenant. Selon le mode de rendu choisi, les règles de conversion vont changer. Il en existe quatre : perceptive, relative, saturation et absolue. Le mieux adapté à la photographie est très souvent, selon moi, le mode relatif mais le plus "logique" car soi-disant photographique est le mode perceptif. Je vais les décrire maintenant.

Prenons un exemple pour sentir le problème : imaginons que je veuille imprimer une image. Elle possède le profil de mon espace de travail - trait rouge sur l'illustration ci-dessous - et je sais que celui de mon imprimante est beaucoup plus petit pour ces couleurs vertes / jaunes - trait bleu -. Des couleurs de mon original, autour du point A , devraient être non imprimables - la couleur LAB associée n'est pas imprimable. Je veux essayer d'imprimer tout de même ces couleurs donc je dois convertir mon image dans un autre espace, celui de destination - à l'intérieur du trait bleu - pour les traduire par les bonnes valeurs RVB MAIS ICI LES BONNES VALEURS RVB N'EXISTE PAS CAR SONT NON IMPRIMABLES. Le point B lui est commun aux deux espaces, ainsi la couleur LAB associée appartient aux deux espaces - cette couleur LAB peut donc être convertie en d'autres valeurs RVB. Comment imprimer tout de même ces jaunes / verts de mon image qui se trouvent en dehors de l'espace reproductible de l'imprimante pour ne pas dénaturer complètement mon image une fois imprimée ? Que fait l'imprimante des couleurs hors-gamme ? Les supprime-t-elle ? De plus, sur mon image d'origine, la distance entre A et B me donne une certaine "sensation" visuelle; Comment la conserver après la conversion ?

Mais là se posent plusieurs problèmes :

1 - Si les verts hors espace donc normalement non imprimables sont placés dans l'espace de l'imprimante - à l'intérieur du trait bleu -, de nombreuses couleurs vont, en fait, être " superposées ". On remplacerait des couleurs imprimables qui appartiennent à mon image d'origine par des couleurs non imprimables,  les plus proches de l'image d'origine. On pourrait penser alors que le seul choix qui s'offre à nous est de ne garder que la couleur B et d'éliminer A, ou l'inverse. Dit autrement que décide-t-on de garder et d'éliminer ?
2 - De plus, si je pose la couleur A sur la couleur B et les couleurs du trait rouge sur celles du trait bleu, il sera impossible de les différencier alors qu'elles étaient  différentes  dans  l'espace d'origine.
3 - Enfin, je rappelle que les jaunes-verts du point A étaient à une certaine distance des jaunes-verts du point B dans mon image d'origine, ce qui me donnait une certaine sensation visuelle.

La conversion des couleurs

Pour résoudre ces problèmes, on a donc inventer des règles de conversion et de mode de rendu.

En mode perceptif : le moteur ACE de conversion de Photoshop va beaucoup travailler ! Il va en effet faire rentrer au " chausse-pied " les jaunes-verts hors espace pour ne pas supprimer complètement ces nuances et conserver mon impression visuelle, ma perception visuelle. Pour réaliser une conversion respectant les sensations visuelles de l'image d'origine, le moteur de conversion ACE de Photoshop va procéder en deux temps. Il va tout d'abord "placer" les couleurs du trait rouge ( limite de l'espace de l'image ) sur le trait bleu ( limite de l'espace de l'imprimante ) car les couleurs du trait bleu sont les plus proches visuellement des couleurs du trait rouge. Les couleurs du trait rouge sont les plus saturées de mon original et les couleurs du trait bleu sont les couleurs les plus saturées de mon imprimante. De plus, pour conserver une sensation visuelle proche des sensations d'origine,

La conversion des couleurs
il va "décaler" légèrement et progressivement les couleurs du trait bleu vers l'intérieur de l'espace de destination - bleu - comme le montre la figure ci-dessous. Il va faire de la place ! Comme il ne pourrait pas faire cela indéfiniment sinon des couleurs disparaîtraient de " l'autre côté ", il fait disparaître quelques nuances de l'image d'origine au fur et à mesure qu'il " pousse " les couleurs vers l'intérieur mais tout en essayant de conserver une même perception, d'où le nom de ce mode. L'image perdra une partie de ses couleurs d'origine mais la sensation visuelle restera très proche. La distance relative entre A et B est sauvegardée le mieux possible. Voilà pourquoi une image doit être travaillée le plus longtemps possible dans son espace d'origine. C'est la seule façon de ne pas perdre d'infos. Les conversions dans ce mode rendu là sont destructrices puisque toutes les couleurs sont modifiées, même celles qui étaient imprimables. Il faut les limiter et les faire au dernier moment.Enfin, l'image convertie apparaîtra légèrement désaturée et à peine moins contrastée si l'espace de l'imprimante est vraiment trop petit pour ces couleurs. Il suffit alors de lui appliquer un calque de niveau ou de contraste pour retrouver - presque - les couleurs LAB d'origine.


E
n
mode relatif  : le moteur ACE de conversion de Photoshop travaille beaucoup moins car il s'agit alors d'éliminer tout simplement toutes les couleurs originales hors gamut ! Les couleurs LAB communes aux deux espaces restent inchangées. Ainsi, si les couleurs hors gamuts disparaissent, les couleurs communes ne sont pas du tout modifiées comme dans le mode perceptif.



Note

Pour info, en mode saturation, les couleurs hors gamme sont placées juste sur la frontière de l'espace d'arrivée et certaines couleurs à l'intérieur finissent elles aussi sur cette frontière. L'image convertie est nettement plus saturée et cela convient très bien à un graphiste qui réaliserait de la signalétique. En mode colorimétrie relative, très courant, les couleurs à l'intérieur de l'espace d'arrivée ne bougent pas, contrairement au mode perceptif et les couleurs à l'extérieur rentrent à l'intérieur progressivement; du coup la relation entre les couleurs va changer. Pourtant parfois le mieux adapté. Enfin, en mode colorimétrie absolue, seules les couleurs hors espace d'arrivée se retrouvent sur la frontière sans changement pour les couleurs à l'intérieur de l'espace. De nombreuses nuances sont perdues.

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Comment choisir entre le mode perceptif et relatif ?

Le plus important c'est qu'il n'y a pas un meilleur mode de rendu que l'autre; tout dépend de la photo à convertir et plus exactement des couleurs LAB contenues dans sont fichiers. Petit rappel : dans la nature, les couleurs ne sont pas toujours très saturées et c'est pour cela que le choix de travailler uniquement en sRGB n'est pas "catastrophique". Cet espace de travail contient suffisamment de couleurs pour n'être que très rarement obligé de travailler dans un espace plus grand. Ainsi, si votre original ne contient pas ou peu de couleurs hors gamut pour votre imprimante, elles ne seront pas "perdues" par une conversion en mode relatif ! Il est le plus judicieux alors car il ne transforme pas - donc ne déforme pas - les couleurs à l'intérieur du gamut commun. Comme par hasard, c'est celui qui fonctionne le mieux le plus souvent et qui convient parfaitement. Même si vous travaillez en Prophoto, il est étonnant de constater à quel point ce mode de rendu fonctionne souvent très bien.
Si votre original contient des couleurs non imprimables en quantité non négligeables, il peut être alors judicieux d'utiliser le mode de rendu perceptif. Certes il change toutes les valeurs de votre fichier mais il préserve nettement mieux certaines matières. Comment cela concrètement se matérialise-t-il ? Là où le rendu relatif aurait transformé ces couleurs non imprimables en un aplat sans grandes nuances, le mode perceptif en conserve encore une bonne partie comme le montre, j'espère les illustrations ci-dessous !

Les modes de rendu :
En mode relatif, le haut du ciel est pratiquement que d'une seule couleur uniforme alors qu'en mode perceptif, même si les couleurs sont moins saturées dans le ciel, en haut de la photo, elles ne sont pas uniformes.

 

    conversion en mode relatif
Image originale
 
Image convertie en relatif
 
Image convertie en perceptif

Dans cet exemple, il faut surveiller d'une part la couleur jaune du mur et d'autre part le haut du ciel, au dessus du gros nuage sombre. Sur l'original, le ciel est saturé avec des nuances de bleu, plus ou moins sombre et plus ou moins saturé. L'image convertie en mode relatif voit disparaître de très nombreuses nuances du ciel alors que le mur garde sa couleur jaune. Les couleurs bleues du ciel sont hors gamut et ne peuvent être conservées en l'état. Là où il y avait des nuances en saturation et luminosité, il y a un aplat sur un quart de la photo ! Sur l'image convertie en perceptif cette fois, on s'élogne de l'original mais moins. Certes le bleu du ciel n'est plus aussi saturé mais on conserve des nuances en luminosité comme sur l'original. Le résultat est plus proche de l'original et donc nuancé compte tenu des difficultés à retranscrire ces couleurs non imprimables. La couleur jaune du mur, dans le gamut commun, est conservée.



Note importante

On aurait très bien pu imaginer qu'un seul espace couleurs neutre comme l'Adobe 1998 puisse suffir pour effectuer les conversions des profils icc de périphériques vers un espace neutre mais alors pourquoi en créer de nombreux, plus ou moins grands comme le Prophoto, le sRGB... Et bien la réponse est double mais toute simple :

- Elle ne se justifie d'une part que parce que les appareils numériques, non seulement ne reproduisent pas toutes les couleurs LAB mais en plus le font de manière fort différente. Or, quand une couleur d'une photo - donc vue par notre APN - est non imprimable la conversion doit se charger malgré tout de retranscrire cette couleur sur notre tirage afin que celui-ci ressemble à notre original. Cependant, plus il y aura de différences entre l'original et les possibilités de l'imprimante et plus les risques de voir les couleurs originales malgré tout modifiées sont grands. La gestion des couleurs ne fait pas de miracles !

- Deuxièment, plus l'espace couleurs est grand et plus le nombre de couleurs qu'il contient est grand donc plus le travail informatique est important or les ordinateurs non pas toujours eu la puissance de calcul qu'ils ont aujourd'hui. N'oublions pas que Colorsync date de 1995...

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Pour finir, l'ordre dans lequel on va calibrer sa chaîne graphique est très important. Il faut commencer par l'écran en tout état de cause. Ensuite viendra le scanner puis l'imprimante. Mais avant de les passer en revue, je voudrais préciser encore quelques notions de vocabulaire : le calibrage et la caractérisation. 


Tous les liens de ce §
  |  Bibliographie gestion des couleurs  |  Pour en savoir plus...

 


Suite... Calibrage et caractérisation

 


Pour aller plus loin...

Quelques livres...

Quelques livres s'imposent, livres que vous trouverez également dans sur ma page livres, liens, articles sur la gestion des couleurs.

" Gestion des couleurs pas à pas " -

Jean Delmas - © novembre 2009 - 160 pages - Editions Eyrolles.
Le nouveau livre de Jean Delmas est une initiation à la gestion de la couleur. Il va à l'essentiel afin que d'aucun puisse calibrer son écran et bien se servir de la gestion des couleurs de son logiciel de retouche photo. A ce titre, cela remplit parfaitement sa fonction. Pour en savoir plus, il est bien entendu conseillé de livre le livre ci-dessous du même auteur.

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" La gestion des couleurs pour les photographes "

Jean Delmas - 2° édition © 2007 - 160 pages - Editions Eyrolles.
La nouvelle version double tout simplement le nombre de pages et est à ne pas manquer également ! Peut-être plus pour en savoir plus mais particulièrement complet. Le fonctionnement de la gestion des couleurs avec le pilote de scanner Vuescan est particulièrement clair.


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Gestion des couleurs par Bruce Fraser
" Gestion des couleurs "

Bruce Fraser, Chris Murphy - 510 pages - Peachpit Press © 2003.
Par d'autres grands noms de la gestion des couleurs mais outre-atlantique ! Il y a le double de pages, donc c'est pour aller encore plus loin... Une vraie bible de la gestion de la couleur particulièrement bien écrite et pédagogique !


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Gérard Niemetsky : Calibrage facile pour les photographes
" Calibrage facile pour les photographes "

Gérard Niémetzky - 124 pages - ColorAcadémy © 2005.
Premier cahier pratique d'une série; c'est très clair et accessible sans être simpliste. Très bien car va à l'essentiel.


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Gérard Niemetsky : Gestion de la couleur chez Eyrolles
" Gestion de la couleur - Calibrage et profils ICC "

Gérard Niemetzky - 2° édition © 2004 - 194 pages - Eyrolles, Paris.
Devenu incontournable. Réécrit en partie et surtout complété pour tenir compte des évolutions matérielles récentes. Ce livre très clair explique le pourquoi du comment dans la gestion des couleurs. J'ai assisté à un de ses stages et il ne fait aucun doute que ce monsieur est capable de nous expliquer et de nous montrer, vraiment, le fonctionnement d'un espace de travail, l'intérêt de travailler avec des profils ICC, de calibrer sa chaîne graphique, etc. Vous trouverez un lien vers son site sur ma page lien ici ( Stages et programmes de la Color-Academy).


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Quelques liens...

- Profil couleur présente de nombreux tutoriaux sur la gestion des couleurs où vous trouverez d'autres informations sur les couleurs. Ce site renvoie également vers un blog de la couleur du même auteur. Très bien fait.- Le site Colour Confidence est un site entièrement dédié au développement et à la vente de matériel de gestion des couleurs.

- X-Rite a racheté GretagMacbeth et vend aujourd'hui les produits Gretag. Les kits Monacosystems se trouveront plus que d'occasion. Dommage. En vente et en démo sur le site La gestion des couleurs.

- Datacolor - anciennement Colorvision - vend de nombreux kits de calibrage d'écrans.

- Digital TargeT 003 de Christophe Métairie. Cet ensemble de mire 285 patchs et de mire blanche de référence permet de créer un profil d'APN. En test très prochainement.

- Chromoholics permet de télécharger librement le logiciel de calibrage des APN à partir de Caméra Raw de Photoshop. Tout se passe automatiquement et le tutorial est très explicite.

- Christophe Métairie donne de nombreux conseils en gestion des couleurs.

- Vous pourrez en savoir plus en lisant les pages Web d'Ivan Lammerant sur la couleur. Non seulement c'est très intéressant mais en plus vous y trouverez de très nombreux liens pour poursuivre vos recherches.

- J'ai trouvé sur Internet ce très intéressant cours sur l'oeil présenté sous la forme d'un fichier Pdf, très facile à consulter : la perception des couleurs par l'oeil. Haiba Lekhal et Per Einar Ellesfen.

- Sur la lumière et l'oeil.


Quelques revues à lire...

Le photographe magazine, Réponse-photo, Chasseurs d'Images, Le monde de la photo, Déclic-photo sont des revues à lire tous les mois car on y trouve régulièrement des articles consacrés aux tests d'écrans ou de matériel de calibrage.

A suivre...


 
 

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Sur la méthode > La gestion des couleurs > Convertir une image > Calibrage et caractérisation

 

 

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