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Généralités *
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Généralités sur les couleurs
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Pour aller plus loin ... |
Convertir une photo
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Puisqu'il
existe des espaces couleurs plus ou moins grands, des profils ICC pour chaque périphérique,
il faut maintenant savoir communiquer la bonne couleur,
la même couleur dans la mesure du possible, d'un
appareil vers un autre, en tenant compte de leurs caractéristiques.
La communication de la bonne couleur ainsi que le changement des valeurs RVB correspondantes s'appelle la conversion. Voyons pourquoi et comment maintenant... sachant que c'est un peu comme dans un bureau de change : vous avez 100 euros en votre possession ( comme si vous étiez dans un espace colorimétrique donné ) et vous voulez l'équivalent en dollars ( vous voulez imprimer correctement votre fichier avec une imprimante et un papier donnés : c'est le bureau de change et le court du jour ( l'équivalent de l'espace LAB ) qui va vous donner l'équivalence...
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Comment
les appareils communiquent-ils la "bonne" couleur
?
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Il
y a plus de quinze ans, un organisme
international, l'International
Color Consortium - ICC
- fondé par Adobe, Microsoft,
Apple, Agfa, Kodak, Silicon Graphics
et Sun a inventé et installé,
d'abord sur un ordinateur Apple,
un outil fabuleux : Colorsync.
En 1995 étaient donc inventés
les profils ICC -
ou ICM pour Microsoft
® - et les outils de conversion
des couleurs qui doivent forcément
l'accompagner. Or en 1995, l'outil
Colorsync était seulement
un outil de conversion et non un
outil de création de profils
ICC ou ICM. Ils restaient
donc à inventer !
En fait, l'ensemble de ces outils
de création de profils et
de conversion ne sont performants
que depuis cinq ans pour
le grand public, c'est-à-dire
depuis que Photoshop en est
à sa version 6 et
depuis que des sociétés
comme MonacoSystems ou
GretagMacBeth ont créé
de formidables logiciels de création
de profils abordables et des sondes
de qualité. C'est donc tout
récent !
En fait, chaque appareil, image
etc... possède un profil
ICC qui lui est propre et que sait
interpréter un logiciel comme
Photoshop. Il peut attribuer
un profil à une image ou
bien "traduire" les couleurs,
on dit convertir une image,
d'un appareil vers un autre. Les
appareils peuvent donc communiquer
par l'intermédiaire du CMM
et de leur profil ICC. Dans
Photoshop depuis la version
6, il se nomme : moteur ACE.
Il n'y en avait pas avant cette
version dans Photoshop.
Pour
fonctionner, le CMM - moteur de
conversion de couleur - a besoin
de savoir quel profil icc est attribué
à une image - profil ICC
d'origine - pour savoir à
quelles couleurs LAB il a
affaire pour des signaux RVB
donnés et
vers quel appareil l'envoyer - profil
icc de destination -, donc le convertir
en signaux R'V'B'. Le CMM est
la plaque tournante et est basé
sur les couleurs LAB et non
des signaux RVB ou CMJN car, comme
nous l'avons vu à plusieurs
reprises, les couleurs LAB sont absolues.
Il sait qu'il doit transmettre comme
information telle ou telle couleur
LAB et grâce au profil
ICC sait à quel signal RVB
ou CMJN cela correspond pour celui-ci
et uniquement celui-ci. Il va donc
traduire cette couleur LAB, une
valeur RVB, en un autre
signal R'V'B' ou C'M'J'N' pour
que l'appareil de destination reproduise
bien la même couleur
LAB. S'il ne peut pas directement,
il va la remplacer par une autre
sans trahir la sensation visuelle
perçue. C'est là
surtout sa grande force ! Cette
opération de traduction s'appelle
une conversion et il existe
quatre façons différentes
de la faire selon le rendu désiré.
Nous étudierons cela plus
loin.
Valeurs
RVB et couleur LAB ?
Afin
de bien se représenter
pourquoi à une même
valeur RVB correspond une couleur
réelle - donc Lab - différente,
j'ai projeté quatre espaces
couleurs ou profils ICC différents
sur l'espace LAB. Ci-dessous,
on peut voir la partie supérieure
droite (vers les valeurs rouge)
de cette projection. L'angle de
chaque espace correspond à
la valeur rouge la plus saturée
puisque ayant comme coordonnées
RVB : 255, 0, 0. Or on constate
que cette même définition
de couleur ne se projette pas
au même endroit dans l'espace
Lab donc correspond bien à
des couleurs rouge différentes.
(Si, sur votre écran, vous
avez la sensation que ces quatre
points rouges ont la même
couleur c'est uniquement dû
au gamut de votre écran
qui ne permet plus de distinguer
des rouges pour des couleurs aussi
saturées.)
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Pour une même valeur RVB - 255, 0, 0 dans cet exemple donc vers le rouge le plus saturé - on voit clairement sur cette projection de différents espaces couleurs ou profils ICC sur l'espace absolu LAB que la valeur rouge la plus saturée ne se projète au même endroit donc n'est pas représentée par la même couleur LAB.
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Attribuer
ou convertir en profil ?
- Attribuer
un profil ICC à une image sert
lui donner sa carte d'identité couleurs. Cela sert à savoir quelle couleur LAB
doit être affichée
ou imprimée en fonction des
valeurs RVB envoyées à
l'écran ou l'imprimante donc contenues dans le fichier numérique.
Cela sert à retrouver la
bonne couleur en tenant compte des
caractéristiques (des défauts)
de l'appareil. Si on regarde dans
Photoshop une photo sans profil
icc et qu'on lui en attribue un
- le sien -, son affichage change
- les couleurs LAB changent - mais
pas les valeurs RVB dans la palette
info. Pendant l'attribution, Photoshop
ne fait que traduire les définitions
RVB qu'il lit dans l'image en la
bonne couleur LAB. C'est comme si vous trouviez un billet par terre d'un pays que vous ne connaissez pas; avant de vous donner son équivalent en euros, l'agent de change doit savoir de quel pays il provient donc quelle valeur absolu il a à cet instant. Il faut lui donner un nom : c'est son profil icc. Donner un nom - donc les bonnes couleurs pour ce fichier - s'appelle : attribuer un profil icc.
-
Convertir
une image sert à changer les
valeurs RVB en R'V'B' d'une même
photo SANS changer - ou le moins possible
- les couleurs LAB de celle-ci à
l'affichage ou à l'impression ( on converti d'une monnaie vers une autre; dans la main on aura plus ou moins de billets après la conversion mais toujours pour la même valeur absolue ).
On a besoin de convertir une image
quand on veut par exemple imprimer
une image que l'on vient de scanner.
Non seulement chaque appareil "déforme"
les couleurs mais surtout, à
cause de leurs limites physiques,
ils ne peuvent pas reproduire le même
ensemble de couleurs. Traditionnellement,
les imprimantes sont reconnues pour
posséder un espace couleur plus petit
que les moniteurs ou les scanners, en 2009, essentiellement sur les papiers mats.
Cela ne les empêchent pas d'être
capables, sur certaines couleurs,
d'aller plus loin que ces appareils
! Dans tous les cas, on change d'espace
colorimétrique et donc de profil
- source vers destination - pour :
-
Conserver
une même couleur perçue,
une couleur LAB, d'un appareil
vers un autre, d'un espace vers
un autre, même s'il ne peut
théoriquement pas l'afficher
ou l'imprimer. Les valeurs RVB
qui correspondent à une
couleur LAB donnée dans
un espace (celui de l'APN) sont
changées en d'autres valeurs
R'V'B' correspondant à
la même couleur LAB - et
si ce n'est pas possible en une
couleur la plus approchante -
pour un autre périphérique,
par exemple, une imprimante.
-
Faire
correspondre les valeurs RVB de
la palette info avec les couleurs
à l'affichage. Comme on
l'a vu page précédente
sur le choix d'un espace
couleurs neutre comme espace
de travail, une fois que l'on
a attribué le profil icc
de notre scanner à une
photo que l'on vient de scanner,
elle s'affiche correctement mais
si l'on place la pipette info
dans une plage normalement gris
neutre, elle sera marquée
par une dominante (verte ou magenta
le plus souvent). Au lieu d'avoir
des valeurs RVB du style 115,
114, 115, on aura 119, 114, 109.
Il faut donc balancer les couleurs
à l'affichage et les valeurs
RVB correspondantes. Si l'on choisit
de convertir les valeurs RVB de
l'image vers un espace couleurs
neutre comme Adobe 98 ou DonRGB,
il y aura bien correspondance
entre ce que l'on voit et la palette
info.
Exemple
avec une image que j'ouvre dans
Photoshop sur mon écran calibré - 
J'ouvre
une image - une mire IT 8
- qui vient de mon scanner figure.
a ci-dessous.
Pour l'exemple, j'ai choisi de l'ouvrir
sans profil icc - je n'ai pas attribué le profil ICC de mon scanner à l'ouverture de l'image - dans un espace de travail
neutre et assez grand (Adobe
1998). L'image pourtant s'affiche avec des couleurs par défaut. Chaque pixel contient des valeurs RVB qui sont interprétées dans l'espace de travail que vous avez choisit pour Photoshop - ici Adobe 1998 -.Si je déplace
ma pipette sur la partie qui devrait
être gris neutre puisque ma mire scannée est grise neutre à cet endroit, je vois
à l'il nu qu'elle affiche
en gris brun et que le signal RVB
associé est R : 98, V : 91 et B : 87. C'est
un affichage par défaut car
Photoshop, à ce stade,
ne peut utiliser les outils de la
gestion de la couleur ne sachant
pas d'où vient l'image et
donc quelles sont les caractéristiques
colorimétriques de l'appareil
qui a servi à la scanner
- son profil ICC -. Or en Adobe 1998, RVB : 98, 91, 87 se traduit par un gris rougeâtre.
Il est donc temps d'attribuer
le bon profil icc à cette image
donc celui du scanner qui a servi à la scanner ! Par le menu Image /Mode/attribuer
un profil de Photoshop jusqu'à PS CS2 et par le Menu Editions / Attribuer un profil pour PS CS3 et CS4, j'attribue
le profil de mon scanner (de préférence
un profil que j'ai créé
et non un profil générique)
figure
b ci-dessous. Les
valeurs RVB de la palette info ne changent pas MAIS
les couleurs affichées, les
couleurs L*a*b*, elles, changent
! En tenant compte des caractéristiques
(des défauts) de mon scanner
en lisant son profil icc, Photoshop
sait maintenant que pour cet
appareil un signal 98, 91,87 doit
s'afficher avec une couleur neutre,
un gris neutre et non un gris brun.
L'image a d'ailleurs retrouvé
un contraste normal au passage.
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Figure
a.
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Figure
b.
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Mon
image possède maintenant un
profil icc qui est dépendant de
mon scanner mais qui permet de l'afficher correctement
en tenant compte des caractéristiques
colorimétriques de mon scanner. Une valeur RVB neutre
(xxx) ne pourra donc pas s'y afficher
comme neutre. C'est ce que nous avons
vu à la page précédente
- Dépendant/indépendant
-. Pour que cela soit le cas, il faut
que je change d'espace colorimétrique
donc de profil ou plus exactement
d'espace couleurs. Je vais en choisir
un neutre perceptuellement comme Adobe
1998 ou sRGB grâce
à une conversion. Adobe
1998 est dit indépendant
d'un périphérique et
je le choisis plutôt que sRGB
parce qu'il est plus grand que celui
de mon scanner. J'aurai donc moins
de risques de perdre des couleurs
au moment de la conversion et plus
de "place" pour travailler
mes couleurs sans que celles-ci sortent
de mon espace de travail (hors-gamme).
Sur la figure
c, identique à
la figure
b, je vois mon image
correctement affichée mais
toujours avec le profil de mon scanner.
Par le menu Image/Mode/convertir
en profil dans Photoshop jusqu'à PS CS2 ou par la Menu Editions / Converti en profil dans PS CS3 ou CS4, je vais convertir
cette image dans mon espace de travail,
Adobe 1998 figure
d. Cette fois ci, l'affichage
des couleurs L*a*b* ne change
pas MAIS les valeurs RVB associées
changent pour devenir "presque"
neutres 109, 110, 110. Je dis que
j'ai balancée mon image.
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Figure
c.
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Figure
d.
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Maintenant
que mon image est correctement affichée
et dans un espace de travail neutre
et large, je peux la retoucher à
ma guise avant de convertir dans l'espace sRGB si je veux la diffuser
sur le net ou CMJN correspondant
à mon imprimante si je veux
l'imprimer.
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Les espaces couleurs 1 et 2 sont plus ou moins grands. Toutes les couleurs LAB en dehors de l'espace sont abscentes et ne peuvent être travaillées dans cet espace couleurs.
Par ailleurs, l'espace 1 contient des couleurs dans le vert plus saturées que l'espace 2.
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Cas
particulier
Qu'en
est-il des valeurs RVB d'une
image quand on convertit
vers un espace PLUS grand
?
Imaginons
que j'ai attribué
le bon profil icc à ma
photo scannée pour
qu'elle s'affiche correctement
et que je l'ai converti
vers un espace de travail
neutre, exactement comme
dans l'exemple ci-dessus
à ceci près
que j'ai choisi cette fois
le sRGB. Une couleur
LAB neutre comme un gris
neutre est traduite par
une valeur RVB du type 109,
110, 110.
Imaginons maintenant que
je veuille convertir mon
image vers un profil d'espace
encore plus grand, donc Adobe 1998. L'espace Adobe 98 est le plus
grand, le noir.
Toutes les couleurs
perçues s'afficheront
de la même manière
mais avec des valeurs RVB
différentes.
La raison
en est simple ! Si vous
regardez bien le schéma
ci-dessus vous voyez que
les espaces Adobe 98 et
sRGB sont représentés
par des triangles RVB plus
ou moins grands. Entre le
centre de ces triangles
et leurs pointes RVB, les
distances sont différentes
selon les espaces, or elles sont toujours représentées
par des valeurs allant de
0 (au centre du triangle)
à 255 à chaque
pointe de triangle.
Donc pour une même
couleur CIE XYZ représentée
par un point quelconque
(mais à l'intérieur
des deux triangles) sur
ce graphique, vous obtiendrez
une définition de
couleurs différentes.
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Conclusion provisoire
Ainsi la première conversion - Périphérique vers espace neutre - permet de faire se correspondre les couleurs du fichier et des valeurs RVB cohérentes - un gris neutre à l'écran possède des valeurs RVB identiques -. Les conversions suivantes servent à changer les valeurs RVB d'un fichier quand celui-ci est envoyé vers un autre périphérique, une imprimante par exemple.

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Comment
se fait la conversion ?
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On
vient de voir dans le paragraphe ci-dessus les différents
rôles de la conversion. Quand on choisit de faire
une conversion, que se passe-t-il réellement
au niveau de mon image - les valeurs RVB - ? Comment
l'outil de conversion, le CMM, conserve au mieux les
couleurs LAB, c'est-à-dire la sensation visuelle
de la photo si l'appareil de destination ne le permet
pas comme c'est malheureusement souvent le cas avec
les imprimantes ? La conversion étant en quelque
sorte une traduction qui a pour mission de ne pas dénaturer
l'original.
Espaces couleurs plus ou moins grands
Comme
on l'a vu précédemment,
les espaces colorimétriques dits de périphériques ou de travail, sont
plus ou moins grands. Certains sont
tellement grands qu'ils englobent tous
les autres (Prophoto ou DonRGB). Certains
sont tellement petits qu'ils sont englobés
par tous les autres. Mais parfois, certains
sont un peu plus grands vers telle ou
telle couleur et inversement pour
telle autre. On le voit bien sur l'illustration ci-dessous. Globalement, l'espace couleurs contenu dans le profil ICC de ce couple imprimante / papier est plus petit que le gamut de l'écran sauf vers les bleus - verts. Ces couleurs sont imprimbales mais invisibles à l'écran. C'est plus souvent l'inverse d'ailleurs.
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Les espaces couleurs papier / imprimante et écran sont plus ou moins grands. Toutes les couleurs LAB en dehors de l'espace écran sont imprimables mais ne seront pas visibles sur cet écran.
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Dit autrement certaines couleurs peuvent être contenues dans le fichier original mais pas être imprimables. Donc on observe deux cas de figures :
- Soit les couleurs d'origine sont imprimables,
- Soit les couleurs du fichier d'origine ne sont pas imprimables.
Dans le premier cas, si les couleurs de la photo sont imprimables, la conversion sert uniquement à changer les valeurs RVB de la photo pour obtenir sur le tirage la même couleur imprimée. Jusque là, tout va bien ! Mais que faire dans le second cas ou bien encore si le gamut de l'image est nettement plus grand que le gamut de l'imprimante ou bien ... l'inverse ?

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Que faire des couleurs non-imprimables ?
Admettons que le profil de l'imprimante
soit le profil -
2 (gris) - et celui de votre
image le - 1,
(blanc) -. Votre image possède
des verts / jaunes que l'imprimante ne
pourra pas reproduire car ils sont dit
hors-gamme. Aucune combinaison de CMJN
ne peut reproduire exactement cette couleur LAB appartenant à
mon image. Comment faire alors ? La conversion consiste alors à
faire " rentrer ", comme avec
un chausse-pied, ces verts dans l'espace
de l'imprimante pour qu'ils soient tout
de même imprimés alors que normalement l'imprimante ne sait
pas le faire ! L'impression visuelle doit rester la plus proche possible des sensations visuelles de l'image d'origine. Pour faire ce travail de chausse-pied, les outils de gestion de couleurs et de conversion se servent de
quatre règles de conversion - dont deux seules servent pour les photographes : le mode relatif et le mode perceptif - qui
sont étudiés ci-dessous. Il y aura
forcément des pertes mais un
bon moteur saura les réduire
au maximum sans dénaturer les
sensations visuelles. Celui de Photoshop est particulièrement puissant
si l'on choisit le bon mode
de conversion. Évidemment certains
logiciels de retouche d'images, beaucoup
moins chers, ont aussi des outils de
retouche, comme les tampons et autres
de très bonne qualité,
mais aucun ne possède pas une bonne
gestion des couleurs. Cela a malheureusement
un prix...
Mode de rendu : relatif ou perceptif
Lorsque l'on effectue une conversion dans Photoshop notamment, il faut donc choisir d'une part le profil de destination mais également comme nous venons de le voir le Mode de rendu. De quoi s'agit-il ? Tout simplement de la façon dont sont gérer les couleurs hors gamut lors d'une conversion.
Note sur la conversion
La conversion s'occupe de changer les valeurs RVB et le mode de rendu s'occupe lui de savoir qu'est-ce-qu'on fait des valeurs hors gamuts.
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Voyons cela maintenant. Selon
le mode de rendu choisi, les règles de
conversion vont changer. Il en existe
quatre : perceptive, relative, saturation
et absolue. Le mieux adapté
à la photographie est très
souvent, selon moi, le mode relatif mais le plus "logique"
car soi-disant photographique est le mode perceptif. Je vais les décrire maintenant.
Prenons un exemple pour sentir le problème : imaginons que je
veuille imprimer une image. Elle possède
le profil de mon espace de travail -
trait rouge sur l'illustration ci-dessous - et je sais que celui de
mon imprimante est beaucoup plus petit
pour ces couleurs vertes / jaunes - trait bleu -. Des couleurs de mon
original, autour du point A ,
devraient être non imprimables - la couleur LAB associée n'est pas imprimable.
Je veux essayer d'imprimer tout de même
ces couleurs donc je dois convertir
mon image dans un autre espace, celui
de destination - à l'intérieur
du trait bleu - pour les traduire par les bonnes valeurs RVB MAIS ICI LES BONNES VALEURS RVB N'EXISTE PAS CAR SONT NON IMPRIMABLES. Le point B lui est commun aux deux espaces, ainsi la couleur LAB associée appartient aux deux espaces - cette couleur LAB peut donc être convertie en d'autres valeurs RVB. Comment
imprimer tout de même ces jaunes / verts
de mon image qui se trouvent en dehors
de l'espace reproductible de l'imprimante
pour ne pas dénaturer complètement
mon image une fois imprimée ?
Que fait l'imprimante des couleurs hors-gamme
? Les supprime-t-elle ? De plus,
sur mon image d'origine, la distance
entre A et B me donne une certaine "sensation"
visuelle; Comment la conserver après
la conversion ?
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Mais
là se posent plusieurs problèmes
:
1 - Si les verts hors espace donc normalement non imprimables sont placés
dans l'espace de l'imprimante - à
l'intérieur du trait bleu -,
de nombreuses couleurs vont, en fait,
être " superposées
". On remplacerait des couleurs imprimables
qui appartiennent à mon image d'origine
par des couleurs non imprimables,
les
plus proches de l'image d'origine.
On pourrait penser alors que le seul
choix qui s'offre à nous est
de ne garder que la couleur B et d'éliminer A, ou l'inverse. Dit autrement que décide-t-on de garder et d'éliminer ?
2 - De plus, si je pose la couleur A sur la couleur B et les couleurs du trait rouge sur
celles du trait bleu, il sera impossible
de les différencier alors qu'elles
étaient différentes dans l'espace
d'origine.
3 - Enfin, je rappelle que les jaunes-verts
du point A étaient à une certaine
distance des jaunes-verts du point B dans mon image d'origine, ce qui me
donnait une certaine sensation visuelle.
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Pour résoudre ces problèmes, on a donc inventer des règles de conversion et de mode de rendu.
En mode perceptif
: le moteur ACE de conversion de Photoshop va beaucoup travailler
! Il va en effet faire rentrer au
" chausse-pied " les jaunes-verts
hors espace pour ne pas supprimer
complètement ces nuances et
conserver mon impression visuelle,
ma perception visuelle. Pour
réaliser une conversion respectant
les sensations visuelles de l'image
d'origine, le moteur de conversion
ACE de Photoshop va procéder en deux temps.
Il va tout d'abord "placer"
les couleurs du trait rouge ( limite
de l'espace de l'image ) sur le trait
bleu ( limite de l'espace de l'imprimante
) car les couleurs du trait bleu sont
les plus proches visuellement des
couleurs du trait rouge. Les couleurs
du trait rouge sont les plus saturées
de mon original et les couleurs du
trait bleu sont les couleurs les plus
saturées de mon imprimante. De plus, pour conserver une sensation
visuelle proche des sensations d'origine,
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il va "décaler" légèrement
et progressivement les couleurs du
trait bleu vers l'intérieur
de l'espace de destination - bleu
- comme le montre la figure
ci-dessous. Il va faire de
la place ! Comme il ne pourrait pas
faire cela indéfiniment sinon
des couleurs disparaîtraient
de " l'autre côté
", il fait
disparaître quelques nuances
de l'image d'origine au fur et à mesure qu'il
" pousse " les couleurs
vers l'intérieur mais
tout en essayant de conserver
une même perception,
d'où le nom de ce mode.
L'image perdra une partie de
ses couleurs d'origine mais
la sensation visuelle restera
très proche. La distance
relative entre A et B est sauvegardée le mieux
possible. Voilà pourquoi
une image doit être travaillée
le plus longtemps possible dans
son espace d'origine. C'est
la seule façon de ne
pas perdre d'infos. Les conversions
dans ce mode rendu là sont
destructrices puisque toutes les couleurs sont modifiées, même celles qui étaient imprimables. Il faut les limiter
et les faire au dernier moment.Enfin, l'image convertie apparaîtra
légèrement désaturée
et à peine moins contrastée
si l'espace de l'imprimante est vraiment
trop petit pour ces couleurs. Il suffit
alors de lui appliquer un calque de
niveau ou de contraste pour retrouver
- presque - les couleurs LAB d'origine.
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En mode relatif : le moteur ACE de conversion de Photoshop travaille beaucoup moins car il s'agit alors d'éliminer tout simplement toutes les couleurs originales hors gamut
! Les couleurs LAB communes aux deux espaces restent inchangées. Ainsi, si les couleurs hors gamuts disparaissent, les couleurs communes ne sont pas du tout modifiées comme dans le mode perceptif.
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Note
Pour
info, en mode saturation, les
couleurs hors gamme sont placées
juste sur la frontière de l'espace
d'arrivée et certaines couleurs
à l'intérieur finissent
elles aussi sur cette frontière.
L'image convertie est nettement plus
saturée et cela convient très
bien à un graphiste qui réaliserait
de la signalétique. En mode
colorimétrie relative, très
courant, les couleurs à l'intérieur
de l'espace d'arrivée ne bougent
pas, contrairement au mode perceptif et les couleurs à l'extérieur
rentrent à l'intérieur
progressivement; du coup la relation
entre les couleurs va changer. Pourtant
parfois le mieux adapté. Enfin,
en mode colorimétrie absolue,
seules les couleurs hors espace d'arrivée
se retrouvent sur la frontière
sans changement pour les couleurs à
l'intérieur de l'espace. De nombreuses
nuances sont perdues.
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Comment choisir entre le mode perceptif et relatif ?
Le plus important c'est qu'il n'y a pas un meilleur mode de rendu que l'autre; tout dépend de la photo à convertir et plus exactement des couleurs LAB contenues dans sont fichiers. Petit rappel : dans la nature, les couleurs ne sont pas toujours très saturées et c'est pour cela que le choix de travailler uniquement en sRGB n'est pas "catastrophique". Cet espace de travail contient suffisamment de couleurs pour n'être que très rarement obligé de travailler dans un espace plus grand. Ainsi, si votre original ne contient pas ou peu de couleurs hors gamut pour votre imprimante, elles ne seront pas "perdues" par une conversion en mode relatif ! Il est le plus judicieux alors car il ne transforme pas - donc ne déforme pas - les couleurs à l'intérieur du gamut commun. Comme par hasard, c'est celui qui fonctionne le mieux le plus souvent et qui convient parfaitement. Même si vous travaillez en Prophoto, il est étonnant de constater à quel point ce mode de rendu fonctionne souvent très bien.
Si votre original contient des couleurs non imprimables en quantité non négligeables, il peut être alors judicieux d'utiliser le mode de rendu perceptif. Certes il change toutes les valeurs de votre fichier mais il préserve nettement mieux certaines matières. Comment cela concrètement se matérialise-t-il ? Là où le rendu relatif aurait transformé ces couleurs non imprimables en un aplat sans grandes nuances, le mode perceptif en conserve encore une bonne partie comme le montre, j'espère les illustrations ci-dessous !
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Les modes de rendu :
En mode relatif, le haut du ciel est pratiquement que d'une seule couleur uniforme alors qu'en mode perceptif, même si les couleurs sont moins saturées dans le ciel, en haut de la photo, elles ne sont pas uniformes.
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Image originale |
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Image convertie en relatif |
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Image convertie en perceptif |
Dans cet exemple, il faut surveiller d'une part la couleur jaune du mur et d'autre part le haut du ciel, au dessus du gros nuage sombre. Sur l'original, le ciel est saturé avec des nuances de bleu, plus ou moins sombre et plus ou moins saturé. L'image convertie en mode relatif voit disparaître de très nombreuses nuances du ciel alors que le mur garde sa couleur jaune. Les couleurs bleues du ciel sont hors gamut et ne peuvent être conservées en l'état. Là où il y avait des nuances en saturation et luminosité, il y a un aplat sur un quart de la photo ! Sur l'image convertie en perceptif cette fois, on s'élogne de l'original mais moins. Certes le bleu du ciel n'est plus aussi saturé mais on conserve des nuances en luminosité comme sur l'original. Le résultat est plus proche de l'original et donc nuancé compte tenu des difficultés à retranscrire ces couleurs non imprimables. La couleur jaune du mur, dans le gamut commun, est conservée.
Note importante
On aurait très bien pu imaginer qu'un seul espace couleurs neutre comme l'Adobe 1998 puisse suffir pour effectuer les conversions des profils icc de périphériques vers un espace neutre mais alors pourquoi en créer de nombreux, plus ou moins grands comme le Prophoto, le sRGB... Et bien la réponse est double mais toute simple :
- Elle ne se justifie d'une part que parce que les appareils numériques, non seulement ne reproduisent pas toutes les couleurs LAB mais en plus le font de manière fort différente. Or, quand une couleur d'une photo - donc vue par notre APN - est non imprimable la conversion doit se charger malgré tout de retranscrire cette couleur sur notre tirage afin que celui-ci ressemble à notre original. Cependant, plus il y aura de différences entre l'original et les possibilités de l'imprimante et plus les risques de voir les couleurs originales malgré tout modifiées sont grands. La gestion des couleurs ne fait pas de miracles !
- Deuxièment, plus l'espace couleurs est grand et plus le nombre de couleurs qu'il contient est grand donc plus le travail informatique est important or les ordinateurs non pas toujours eu la puissance de calcul qu'ils ont aujourd'hui. N'oublions pas que Colorsync date de 1995...
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Pour
finir, l'ordre dans lequel on va calibrer
sa chaîne graphique est très
important. Il faut commencer par l'écran
en tout état de cause. Ensuite
viendra le scanner puis l'imprimante.
Mais avant de les passer en revue, je
voudrais préciser encore quelques
notions de vocabulaire : le calibrage
et la caractérisation. 
Suite... Calibrage
et caractérisation
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Pour
aller plus loin...
Quelques livres...
Quelques
livres s'imposent, livres que vous trouverez
également dans sur ma page livres, liens, articles sur la gestion des couleurs.
|
" Gestion des couleurs pas à pas " - 
Jean Delmas - © novembre 2009 - 160 pages - Editions Eyrolles.
Le nouveau livre de Jean Delmas est une initiation à la gestion de la couleur. Il va à l'essentiel afin que d'aucun puisse calibrer son écran et bien se servir de la gestion des couleurs de son logiciel de retouche photo. A ce titre, cela remplit parfaitement sa fonction. Pour en savoir plus, il est bien entendu conseillé de livre le livre ci-dessous du même auteur.
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La gestion des couleurs pour les photographes "
Jean Delmas - 2° édition © 2007 - 160 pages - Editions Eyrolles.
La nouvelle version double tout simplement le nombre de pages et est à ne
pas manquer également ! Peut-être plus pour en savoir plus mais particulièrement complet. Le fonctionnement de la gestion
des couleurs avec le pilote de scanner Vuescan est particulièrement
clair.
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Gestion des couleurs "
Bruce Fraser, Chris Murphy - 510 pages -
Peachpit Press © 2003.
Par d'autres grands noms de la gestion des
couleurs mais outre-atlantique ! Il y a le double de pages,
donc c'est pour aller encore plus loin... Une vraie bible
de la gestion de la couleur particulièrement bien écrite
et pédagogique !
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Calibrage facile pour les photographes "
Gérard Niémetzky - 124 pages
- ColorAcadémy © 2005.
Premier cahier pratique d'une série; c'est très
clair et accessible sans être simpliste. Très
bien car va à l'essentiel.
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Gestion de la couleur - Calibrage et profils ICC "
Gérard Niemetzky
- 2° édition © 2004 - 194 pages - Eyrolles, Paris.
Devenu incontournable. Réécrit
en partie et surtout complété pour tenir compte
des évolutions matérielles récentes.
Ce livre très clair explique le pourquoi du comment
dans la gestion des couleurs.
J'ai assisté à un de ses stages et il ne fait
aucun doute que ce monsieur est capable de nous expliquer
et de nous montrer, vraiment, le fonctionnement d'un espace
de travail, l'intérêt de travailler avec des
profils ICC, de calibrer sa chaîne graphique, etc.
Vous trouverez un lien vers son site sur ma page lien ici ( Stages et programmes de la Color-Academy).
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Quelques liens...
- Profil couleur présente de nombreux tutoriaux sur la gestion des couleurs où vous trouverez d'autres informations sur les couleurs. Ce site renvoie également vers un blog de la couleur du même auteur. Très bien fait.- Le site Colour Confidence est un site entièrement dédié au développement et à la vente de matériel de gestion des couleurs.
- X-Rite a racheté GretagMacbeth et vend aujourd'hui les produits Gretag. Les kits Monacosystems se trouveront plus que d'occasion. Dommage.
En vente
et en
démo sur le site La
gestion des couleurs.
- Datacolor - anciennement Colorvision - vend de nombreux kits de calibrage
d'écrans.
- Digital
TargeT 003 de Christophe Métairie.
Cet ensemble de mire 285 patchs et de mire
blanche de référence permet
de créer un profil d'APN. En test très
prochainement.
- Chromoholics permet de télécharger librement
le logiciel de calibrage des APN à
partir de Caméra Raw de Photoshop.
Tout se passe automatiquement et le tutorial
est très explicite.
- Christophe
Métairie donne de nombreux conseils en gestion des couleurs.
- Vous pourrez
en savoir plus en lisant les pages Web d'Ivan
Lammerant sur la
couleur. Non seulement c'est très
intéressant mais en plus vous y trouverez
de très nombreux liens pour poursuivre
vos recherches.
- J'ai trouvé
sur Internet ce très intéressant
cours sur l'oeil présenté sous
la forme d'un fichier Pdf, très facile
à consulter : la perception des couleurs par l'oeil. Haiba Lekhal et Per Einar Ellesfen.
- Sur la lumière et l'oeil.
Quelques revues à lire...
Le photographe magazine, Réponse-photo, Chasseurs d'Images, Le monde de la photo, Déclic-photo sont des revues à lire tous les mois car on y trouve régulièrement des articles consacrés aux tests d'écrans ou de matériel de calibrage.
A suivre...
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