 |
Par
assemblage |
 |
. . . . . . . . . . . . . . . . .
|
 |
 |
LA MÉTHODE PAR
ASSEMBLAGE IV / XI : LES
PRÉPARATIFS |
 |
| |
Reste maintenant à préparer la prise de vue panoramique ce qui oblige à prendre un certain nombre de décision d'ordre esthétique et d'autres, bien plus terre à terre... C'est en effet maintenant que ce décide l'angle de champ embrassé par la future photo panoramique, le placement de la ligne d'horizon et que se réalise la mise en place du boîtier à la pupille d'entrée ainsi que la mise à niveau de la rotule - ou pas - selon le projet photographique que l'on aura en tête.
|
|
Choix
de l'angle de champ
En
photographie panoramique par assemblage c'est le
photographe qui décide de l'angle de champ
final qu'aura sa photo puisqu'il suffit d'assembler
plus ou moins de photographies. On peut comme cela
réaliser un tour complet sur 360°.
Ayant l'expérience du Noblex, j'ai
tendance à me servir de mon Canon 1 DS de la même manière. Et mon expérience
me montre que si l'on peut être ému
par la scène que l'on a devant soi, il est
plutôt rare qu'il en soit de même sur
360 °. A Paris, par exemple, j'en ai rarement
eu envie. Bien souvent, un angle de ± 140
° me convient. Comme par hasard, il s'agit de
l'angle de vision humaine ! Cela dit, un usage courant
du panoramique par assemblage consiste à
réaliser une image qui sera visualisée
dans une fenêtre interactive pour un usage
Internet dans le cadre de visites
virtuelles et là, il y a intérêt
à faire un tour complet. Mais visuellement,
l'internaute n'aura devant ses yeux qu'une image
au rapport 4/3 tout à fait classique.
Lorsque
l'on assemble des images pour réaliser une
photo panoramique, elles ont les mêmes "
empreintes visuelles " que les images faites
avec un appareil photo panoramique spécialisé
comme le Noblex ou le Fuji 617 : tout
dépendra du logiciel d'assemblage et du mode
d'assemblage choisi. L'assemblage peut être tuilé ou rectilinéaire
( orthoscopique ). Il faut en tenir compte lors
du cadrage et de la composition.
Si
j'avais un reproche à faire au Noblex, ce serait peut-être de ne pas pouvoir changer
la focale de l'objectif. (Hormis l'achat du Noblex
175 ).
C'est, je crois , un gros avantage de la photo panoramique
par assemblage. S'il est vrai que spontanément
on pense à mettre son appareil verticalement
avec la focale la plus courte pour gagner en angle
de champ en hauteur, il existe de très nombreuses
situations où une focale plus serrée
serait la bienvenue. Avec les grands angulaires,
l'image est très vite envahie par une grande
proportion de ciel et de terre, parfois sans grand
intérêt.
Choix
de l'inclinaison du boîtier
Cela dépend malheureusement du logiciel d'assemblage
que l'on va utiliser. Avec les logiciels les plus basiques, souvent gratuit, elle est impossible. Il faut absolument veiller
à ce que son appareil soit bien à l'horizontal
dans les deux sens. La ligne d'horizon sera donc forcément
en plein milieu de l'image finale assemblée.
Si l'on veut placer celle-ci ailleurs pour d'évidentes
raisons esthétiques, il faudra avoir recours
au recadrage. Du coup l'image sera notablement moins
large si l'on veut l'imprimer. Voilà pourquoi
le panoramiste utilise souvent sa focale la plus courte
en position verticale : pour récupérer
un maximum d'informations en hauteur et éviter
ainsi que les bâtiments soient tous décapités
! comme il faut absolument que la ligne d'horizon
soit au milieu de l'image il n'est même pas
possible d'utiliser un objectif à décentrement
- décentrement - sinon la ligne d'horizon fera des vagues comme vous
pouvez le voir sur la page - cadrage en photo panoramique
par assemblage -.
Heureusement,
avec Autopano Pro, PTgui, ImageAssembler de
Panavue et Stitcher de Realviz, il est
possible, sans objectif à décentrement,
d'obtenir une ligne d'horizon bien plane n'importe
où sur la photo ou presque - elle doit rester
visible dans le viseur à la prise de vue !
- ET des lignes verticales - bâtiments - bien
droits, sans lignes de convergence ou autre point
de fuite. C'est absolument étonnant !!! Avec
eux, la liberté est presque totale. Pour moi
qui suis un grand utilisateur des décentrements,
cela a été une grande joie lorsque j'ai
découvert cette possibilité avec ces
deux logiciels - peut-être plus ? -.

Combien
d'images ?
Le
nombre d'images dépend bien sûr de la
focale de l'objectif et de la position de l'appareil
photo, horizontale ou verticale, ainsi que du recouvrement
que l'on décidera. Celui-ci, je le répète,
devra tourner autour de 25 - 30 %, c'est-à-dire
que chaque image aura en fait une largeur " utile
" de seulement 40/50 % environ ( 100 % - 2×30
% ). Il ne doit pas dépasser 50 % pour d'évidentes
raisons mais n'a finalement pas tant d'importance
que cela. Personnellement, quand je prépare
mon découpage mentalement avant la prise de
vue, je veille à ce que les parties importantes
de l'image se recouvrent plutôt au milieu d'une
image qu'en plein raccord. Donc au besoin je fais
une ou deux photos supplémentaires ou un recouvrement
plus important entre deux images.
Il n'est pas important que TOUS les recouvrements
aient exactement le même pourcentage.
Si jamais, dans ces conditions, l'image finale s'étend
plus que prévu, il sera très facile
de la recadrer ensuite avec Photoshop ou autre dans le rapport que l'on utilise le plus souvent afin de donner un peu d'homogénéité à un travail photographique.
Une
formule toute simple peut donner une idée du
nombre d'images que l'on devra prendre selon l'image
finale voulue :
N = A / ( 50 / 100 × ADCO *)
N = nombre d'images à
réaliser;
A = angle de champ du panorama;
* ADCO = angle
de champ de l'objectif ( HFOV en anglais ).
* : Cet angle de champ est l'angle réel
de l'objectif. Donc soit dans le sens de la
largeur si l'appareil est en position verticale
( appelée aussi position portrait ),
soit dans le sens de la longueur si l'appareil
est en position horizontale ( appelée
aussi position paysage ).
Attention,
les catalogues indiquent presque toujours
l'angle de champ dans sa diagonale. Une règle
de trois permet très facilement de
retrouver l'angle recherché :
ADCO =
AO × L ou H / DF
ADCO = angle de champ
utile de l'objectif;
AO = angle de champ donné par le fabricant
pour un objectif donné et une focale
donnée;
L ou H = largeur ou hauteur du format du film
ou du capteur;
DF = diagonale du format du film ou du capteur.
Exemple dans le cas d'un
objectif de 35 mm en format 24x36 :
ADCUO
= 62 °× 24 ou 36 / 43,27.
ADCO = 34 ° si l'appareil
est en position portrait;
ADCO = 52 ° si l'appareil est en position
paysage.
Pour en finir avec les
exemples et toujours dans notre cas, si l'on
veut obtenir un panorama de 160 ° avec
un objectif de 35 mm mis en position portrait,
on devra faire environ :
N = 140
° / ( (50 / 100) × 34
° )
soit
N = 8,23
images donc 8 images.
|
Pourquoi
au moins 25% de recouvrement ?
Il
faut, bien sûr, que le logiciel ait suffisamment
de matière première pour reconnaître
les parties communes de deux clichés consécutifs
à assembler afin d'y coller les points de contrôle ou de reconnaissance. Mais il existe aussi une deuxième
raison à laquelle on ne pense pas forcément
: l'harmonisation des luminosités entre deux
photos. En effet, la réussite de l'assemblage se comptera notamment à la hauteur de sa discrétion donc, entre autre, à l'absence de "zones" entre deux photos consécutives sur l'assemblage final. Les causes peuvent être variées
puisque aux simples différences d'exposition
ou de balance des blancs peut s'ajouter le vignetage,
souvent présent même quand le diaphragme
est bien fermé. Et pour se faire, il lui faut au moins 25% de recouvrement. Aujourd'hui, j'aurai même tendance à préconiser 30 à 35%. Plus la zone de recouvrement
sera grande et plus le dégradé sera
discret.
|
| |
En
photographie panoramique par assemblage, il est deux réglages de l'objectif qui sont très importants. Le premier concerne la mise au point et le second - qui a une grosse influence sur le premier - la profondeur de champ, comme nous le verrons ci-dessous.
Choix
de la mise au point
|
de l'objectif ne doit pas être retouchée pendant la rotation.
|
|
Mais revenons à la mise au point. Si on a appris que la focale pouvait être modifiée sur un zoom, et bien il faut également faire très attention à la mise au point en photographie panoramique par assemblage. En effet, même si c'est presque imperceptible à l'oeil, il y a bien une très légère variation de focale quand on la modifie. Cette variation n'est que de quelques pixels or c'est fondamental dans ce cas présent. Le logiciel d'assemblage ne retrouve plus au même endroit les mêmes détails appartenant à deux photos consécutives et il ne peut donc les coller ensemble. Un peu comme une distorsion en moustache.
Donc une fois que l'on a réalisé la mise au point, il n'est plus pensable de vouloir en changer dans le cas où vous souhaiteriez un assemblage de haute définition.
Choix de la profondeur de
champ
Comme toutes
les images devront être prises avec la même
mise au point ( voir ci-dessus), il ne sera pas possible de faire varier la profondeur de champ sur une même photo. Pour
choisir sa zone de netteté on aura donc recours
à la profondeur de champ des objectifs et parfois
à l'Hyperfocale si l'on souhaite beaucoup de profondeur de champ.
Il n'est pas rare de fermer son diaphragme au delà
de f 8.0 en photographie panoramique pour cette raison. Évidemment, on peut souhaiter un projet tout autre mais il faudra toujours avoir à l'esprit que la distance de mise au point ne pourra être qu'une et unique sur l'ensemble d'un panorama.
|
Mise
à niveau de la rotule et de l'appareil photo |
|
|
s'incline sur 15% et permet de mettre facilement à niveau une rotule ou une tête panoramique.
|
|
La mise à niveau de la rotule ou de la tête panoramique est très important comme nous l'avons sur la page consacrée au matériel photo. Elle peut être effectuée grâce aux réglages des branches du trépied ou bien grâce à l'inclinaison de la branche centrale de certain trépied photo ou encore grâce à une rotule spéciale de mise à niveau qui vient se placer juste entre le trépied et la tête panoramique.
Sur le trépied
Si
l'on ne possède aucun accessoire de mise à niveau particulier, la mise à niveau de la tête panoramique s'effectue en jouant, tout à fait classiquement, sur le réglage indépendant de chaque bras du trépied. Ce n'est guère pratique et précis quand on a besoin d'aller vite ...
Sur la colonne centrale du trépied
Peu de trépied offre cette possibilité pourtant extrêmement pratique. Il suffit de desserrer une seule vis, sur le côté ou sous le trépied, pour déverrouiller la colonne centrale qui peut alors s'incliner sur 15° en moyenne. Il est alors très facile de placer sa tête panoramique parfaitement à l'horizontal. On place un niveau à bulle double axes sur la base de la rotule et le tour est joué !
Les trépieds Gitzo de la série LVL offre cette possibilité. Imaginez quand cette qualité est couplée à la légèreté du carbone ! Enfin, les trépieds Manfrotto, on maintenant à leur catalogue deux colonnes centrales réf. 555B et 556B adaptable pratiquement à l'ensemble de leur gamme. Ces colonnes centrales, qui peuvent monter et descendre sur 20/30 centimètres, possèdent une demi-boule de 50 mm de diamètre et d'un niveau à bulle placée au sommet des dites colonnes. Le verrouillage/déverrouillage s'effectue à l'aide d'une poignée située à l'extrémité inférieure de la colonne centrale.
Sur une platine de mise à niveau
Il en existe plusieurs sur le marché. Manfrotto en a confectionné plusieurs : la base de mise à niveau réf 338, pratique mais lourde et encombrante et la boule de mise à niveau, réf. : 438. C'est moins pratique et toujours lourd pour ce que c'est. Aujourd'hui, je privilégie la solution de la colonne centrale inclinable.
 |
 |
Embase Réf. 338 Manfrotto |
Niveau à bulle intégré |
|
Fixation
de l'appareil photo au point de rotation |
|
| |
Pour
réaliser un assemblage parfait à tous
les coups, il est vivement conseillé de placer
son appareil photo au point de rotation idéal
en tenant compte de la focale utilisée (et, je
le rappelle, de ne pas changer la mise au point pendant
la série). Il est courant de parler de point
nodal pour le nommer mais il s'avère que
ce n'est pas exact. Le terme exact est la pupille
d'entrée. Il existe bien un point nodal et une pupille d'entrée dans tous les objectifs mais c'est bien autour de cette dernière que l'appareil photo doit tourner. Si vraiment on ne peut pas et que
l'on veut tout de même réaliser un panorama,
comme je l'explique en bas de la page sur la pupille
d'entrée, il faut tourner autour de l'appareil
et non l'inverse en faisant en sorte que l'appareil
tourne autour du même point par rapport au sol. 
|
|