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Guide de la photo panoramique. Le cadrage en photo panoramique.

 

 

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LE CADRAGE en PHOTO PANORAMIQUE

 

Le cadrage doit permettre d'exprimer les choix de composition de l'image.

En photographie panoramique, on peut englober sur une seule image toute une scène ou tout un paysage. Les possibilités de cadrage sont donc un peu plus réduites puisque l'on ne peut pas choisir d'éliminer telle ou telle partie en cadrant plus serré par exemple.
Le paysage urbain ou naturel doit posséder dans son ensemble toutes les qualités esthétiques requises pour réaliser une belle photographie et provoquer une émotion. On ne pourra guère choisir de cadrer qu'un peu plus à droite ou à gauche et un peu plus vers le haut ou le bas... !
C'est par le positionnement judicieux de la ligne d'horizon et des points forts de l'image que l'on réalisera une " belle " composition.

Trois cas de figures se présentent :

  • le recadrage d'une photo classique ( rectangulaire) au format 1/3 comme le  Fuji 617 ou le Xpan Hasselblad
  • Les appareils panoramiques rotatifs
  • Et à mi-chemin, l'assemblage de photographies avec un logiciel dédié.

Exemples en images :

Angle de champ : 75°

Objectif de 45 mm avec le XPAN HASSELBLAD 24× 65 - 75 ° -

Angle de champ : 130°

NOBLEX 135 24 × 66 - 130 ° -


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Les appareils rotatifs ( Noblex, Horizon, Widelux etc... )
 

Avec ces appareils, le cadrage ne peut se faire sans tenir compte des déformations induites lors de la rotation de l'objectif. Comme avec un Fish-eye, elles sont tout de suite reconnaissables car spécifiques.

 

En cadrage horizontal

Si l'appareil est posé d'aplomb, toutes les lignes verticales le resteront, comme avec un appareil conventionnel. La ligne d'horizon sera bien plane. En revanche, toutes les lignes horizontales en dessous et au-dessus de cet axe vont, elles, s'arrondir.


Façade du quai de Bourbon :
Voilà l'exemple typique des déformations des lignes horizontales avec ce type d'appareil photo panoramique.

Courbures des lignes horizontales  en photo panoramique par rotation
Appareil d'aplomb.
Aucun décentrement.



Le ligne d'horizon est centrée mais les lignes horizontales, au dessus et au dessous, se courbent.

 


Appareil d'aplomb et
décentrement
vers le haut.

La ligne d'horizon descend mais reste bien droite et les lignes verticales le restent.

 

 

Il faut donc être attentif à cet effet car, comme tout effet, il peut être ponctuellement très beau mais lassant à la longue. D'autant plus qu'il ne s'agit pas ici d'un effet naturel. Avec un peu de pratique on peut le connaître et donc l'anticiper. Cela devient alors un choix. La seule façon de viser en contre-plongée ou en plongée sans courbure de la ligne d'horizon est donc de décentrer. C'est possible avec certaines versions de Noblex 135 et 150 comme je l'explique dans le paragraphe proportions.

Il existe cependant un certain nombre de cas où l'effet est vraiment très discret :

  • S'il y a peu de lignes horizontales et longues - dans un paysage ou en ville quand les rues sont étroites.
  • Si l'on réalise une photographie en forte contre-plongée ou en plongée.

Courbure de la ligne d'horizon en photo panoramique par rotation - en plongée
Forte plongée.

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Buffet d'orgue de Saint-Eustache, Paris.
Voilà l'exemple typique où les déformations horizontales de ce type d'appareil photo sont particulièrement discrètes.

Courbure de la ligne d'horizon en photo panoramique par rotation - en contre-plongée
Forte contre-plongée.


En effet, toutes les lignes horizontales seront coupées par le bord inférieur du film. La photographie se rapproche alors d'une vue classique prise en contre-plongée avec une forte convergence des lignes verticales.

 

En cadrage vertical

Il faut être attentif aux lignes verticales sur le bord du champ car leurs déformations sont, je trouve, particulièrement inesthétiques et de mon point de vue, plus qu'en horizontal. Cependant ces déformations sont presque invisibles si elles sont courtes ou invisibles si l'objet - colonne - est centré.

 

L'arrondi des lignes verticales sur les bords de l'image est , dans ces deux cas, très discret.
Dans l'exemple de la statue, les lignes verticales des façades du bord de Seine sont trop courtes pour être déformées.


Comme je l'explique ici, la qualité optique de ces appareils sera un peu moins bonne eu haut et en bas de l'image mais pas sur les côtés car l'objectif balaye le champ photographié. De plus les angles ne seront pas déformés par un étirement de l'image.

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Par assemblage de photographies

 

Il s'agit ici de plusieurs photographies qui se chevauchent réalisées avec un appareil photo classique ( argentique : 24×36, 6×6, 4×5 pouces ou numérique : 8, 12 ou 16 Mo de pixels...) et assemblées avec un logiciel panoramique comme Autopano Pro ou Stitcher de Realviz pour constituer le panorama.
On se trouve alors dans un cas de figure à mi-chemin entre la photo classique recadrée et les appareils rotatifs. Cela va dépendre en grande partie du logiciel et du mode d'assemblage. Il est en effet possible de choisir parmi deux modes d'assemblage avec certains d'entre eux : par tuilage ou rectilinéaire. Cela dépendra aussi de la focale utilisée, du décentrement de l'objectif ou encore de l'inclinaison du boîtier.


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Selon le mode d'assemblage choisi

  • Soit par tuilage et alors le cadrage se fait selon les "règles" de la photo panoramique par rotation avec une nuance si les focales utilisées sont longues, 70 mm et au dessus. Dans ce cas, on ne verra quasiment pas de déformations arrondies des lignes horizontales. C'est alors très beau et étonnant. On se rapproche alors de la photo par recadrage.
  • Soit rectilinéaire et alors les "règles" sont celles de la photo panoramique par recadrage.

 


- Selon le logiciel utilisé

Selon le logiciel d'assemblage utilisé, il sera possible ou non de décentrer la photo grâce à une inclinaison du boîtier à la prise de vue.

  • Soit on place son appareil photo bien à l'horizontal dans les deux sens - donc avec une ligne d'horizon au milieu de la photographie - et tous les logiciels dédiés savent assembler les images parfaitement. Voir ci-dessus.
  • Soit on incline son appareil photo vers le haut - contre-plongée - ou vers le bas - plongée - , ou encore on peut utiliser un objectif à décentrement et alors le résultat dépend du logiciel utilisé :

- 1 - Avec la plupart d'entre eux, il sera tout simplement impossible d'assembler les images sans que la ligne d'horizon fasse une série d'arrondis successifs à l'endroit des raccords entre images ( tuilage ) au lieu d'avoir, comme avec le Noblex, une ligne courbe - Voir ci-dessous -.

- 2 - Avec ImageAssembler de Panavue, Stitcher de Réalviz, ou enfin Panorama Tools on obtiendra une ligne d'horizon non seulement bien plane mais aussi des bâtiments bien droits, sans convergence vers la haut ou le bas, comme si on avait utilisé un objectif à décentrement. La ligne d'horizon peut être ainsi placée un peu où l'on veut du moment qu'elle reste dans le champ. Le rêve !

 

 

 

Les déformations des lignes droites dépendent beaucoup du logiciel d'assemblage.

 

- 1 -

Avec la plupart des logiciels d'assemblage
- 2 -

Avec ImageAssembler ou Stitcher

Appareil ici en contre-plongée
OU
décentrement vers le haut.


La ligne d'horizon descend et s'arrondit MAIS surtout fait une succession de vagues aux points de raccords des images. Les lignes verticales convergent vers un point de fuite.

Appareil d'aplomb et
décentrement vers le haut

OU
Appareil incliné vers le haut


La ligne d'horizon descend MAIS reste bien plane et les lignes verticales - façades des bâtiments par exemple - restent parfaitement droites.

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Appareils classiques ( 24 × 36 recadré Etc., Xpan, Fuji 617 Etc. )

Verres de visée

Verres de visée :
On remplacera avantageusement le verre de visée d'origine - à stigmomètre - par un verre quadrillé. Le cadrage en sera largement facilité ! Ici, les deux lignes du haut et du bas sont placées idéalement pour obtenir une fenêtre au rapport 1/3
.

Dans tous les cas il s'agit du recadrage d'une partie d'une photo dite "classique" donc au format rectangulaire ( 24×36, 6×6, 4×5 pouces, 8×10 pouces...). En cachant le haut et le bas de la photographie on la ramène à un format panoramique donc au moins au rapport 1/2.
De nombreux appareils se sont spécialisés sur ce principe. L'angle de champ est alors celui des courtes focales de la gamme optique du format de base. Que l'on cadre en panoramique ou pas, l'angle de champ horizontal reste le même ! Ils permettent d'utiliser le format de pellicule en dessous et donc de moins en gâcher.

  • Le 24×36 devient 12×36 avec des angles variant de 110 ° à 70 ° ( 15 mm à 28 mm).
  • Le 6×7 ou le 6×9 devient 24×65 avec un angle variant de 94 ° à 35 ° (30 mm à 90 mm) dans le cas du XPan Hasselblad par exemple. ( Sur pellicule 135 ).
  • Le 5×7 pouces devient 56×170 avec des angles variant de 110 ° à 45 ° ( 72 mm à 180 mm) dans le cas du Fuji 617 ou d'une Linhof Technorama. ( Sur pellicule 120 / 220 ).

Ainsi les angles de champ sont toujours ceux d'un grand-angle classique dont on découpe le haut et le bas de l'image. Le format beaucoup plus grand du Fuji 617 permettra d'obtenir une bien meilleure qualité à l'agrandissement mais offrira exactement la même perspective et le même angle qu'un cadrage réalisé avec un 24×36 et la focale équivalente. ( Rappel : en grand format - 5×7 pouces - le 90 mm est l'équivalent en angle de champ du 21 mm en 24×36 ).

Il va sans dire qu'avec ce type d'appareil le cadrage se rapproche du cadrage en photographie " classique ". Les lignes horizontales le resteront même si l'on vise en contre-plongée. C'est là leur gros avantage. Cela dit, en contre-plongée apparaîtra inévitablement un effet de convergence des lignes verticales que seul un décentrement pourrait éviter, là aussi. Malheureusement, bien souvent ce genre d'appareil ne le permet pas.




Toutes les lignes horizontales restent bien parallèles aux bords de la photo.

Inclinaison vers un point de fuite des lignes verticales en architecture
Forte contre-plongée.

 

Dans le cas de ces appareils photo, la qualité optique aura tendance à devenir moins bonne sur les côtés et surtout dans les angles. De plus on observera un étirement de l'image dans les angles au dessus d'un angle de 80 °.

 


En savoir davantage...

Pour compléter cet article, vous pourrez lire un excellent article écrit par Hervé SENTUCQ sur "galerie-photo.com". Hervé, spécialiste du 617 Fuji, y détaille la composition avec cet appareil photo ou ce type d'appareil. Toute personne photographiant en panoramique par recadrage y trouvera de précieux conseils.

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La parallaxe
 

Comme avec tout appareil à visée non reflex, il faut veiller au cadrage quand on effectue une mise au point rapprochée. Il y a une différence de cadrage entre ce que l'on voit dans le viseur - souvent au dessus de l'appareil - et ce qui est vraiment photographié à cause de la parallaxe. Plus le viseur est éloigné du film et plus cet effet sera prononcé. Cet inconvénient n'est vraiment pas grave dans le cas de certains modèles car on peut enlever le viseur de son support pour le placer à la hauteur du film ( Noblex 150, Fuji 617, Linhof etc.).
Ce point est également à prendre en compte si l'on réalise des photos panoramiques par assemblage, à la prise de vue mais aussi pendant la recherche de la pupille d'entrée (souvent appelée point nodal).

Enfin, je tiens à dire ici que la visée de certains modèles comme dans le viseur du Noblex 150 est très belle, lumineuse et contrastée car c'est un viseur à trois lentilles traitées multicouche.

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Le repérage
 
Est-il nécessaire de faire des repérages ? Je ne peux évidemment pas répondre à cette question à la place de tout le monde. Il y a autant de photographes que de façons de faire. Pour ma part, si je ne l'imagine pas en photo de reportage, il ne me semble pas totalement superflu en photo panoramique de paysage, urbain ou naturel ! Je vais donc, dans les lignes qui vont suivre, présenter ma façon de faire.
Comme de nombreux photographes, je regarde tout le temps autour de moi, avec ou sans appareil photo et le repérage commence là. J'emmène très souvent mes deux viseurs séparés avec moi lors de mes balades. Je prends alors des notes sur les cadrages possibles, les ambiances que j'aime et j'essaie de sentir avec quel type de lumière - matin ou soir, hiver ou automne etc... - je pourrais avoir une jolie photographie. Et il n'est pas toujours facile de remplir gracieusement 150° de champ, surtout en ville ! Il n'y a pas de zoom sur ce genre d'appareil. Et avec ce champ, on a vite fait de "ramasser" plein de vilaines choses...
Voilà pourquoi, contrairement à la photo " classique ", je trouve difficile de faire du repérage sur cartes, même très précises. Je m'en sers toutefois pour plusieurs autres choses :
  • Pour savoir quand, dans l'année, le soleil éclairera telle façade ou tel monument par tel côté. Cela fait maintenant trois ans que je photographie Paris en panoramique grand format et je sais donc à quel moment de l'année tel éclairage se produira mais quand on arrive sur un lieu que l'on ne connaît pas, le repérage sur carte peut être une aide précieuse.
  • Pour savoir où se lèvera la lune quand je souhaite faire un chapelet : le repérage sur carte me permet de savoir à quel moment de l'année elle se lèvera selon l'axe que je souhaite.
  • J'ai donc une carte très précise des villes ou des lieux que je souhaite photographier affichée chez moi et où je note mes remarques. Une carte en relief est aussi très utile en montagne pour savoir quand sera telle face à l'ombre ou au soleil. Il faut que la carte ait un relief suffisamment marqué et une lampe de poche assez directive. C'est en plus assez amusant!
En photographie panoramique, je le répète, le champ est tellement large que le plus gros du repérage ne peut se faire que sur le terrain. Comment, en effet, prévoir que le soleil va, à tel moment de l'année, laisser une ombre particulièrement esthétique sur une façade ? Le repérage sur carte me permet seulement de savoir vers quelle saison la situation sera la plus propice. Il y a de toute façon toujours des surprises. Pensez donc, 150 ° en ville ! soit c'est parfait ce jour là, soit c'est un peu trop tôt et on attend ou bien c'est déjà trop tard... et il faut revenir six mois ou un an plus tard.

Pleine lune montante depuis le pont des Arts, Paris.

Dans l'exemple du levé de lune sur Paris depuis le Pont des Arts, il n'a lieu que deux fois par an selon l'axe que j'ai choisi. Encore faut-il qu'il fasse beau ce jour là !

Enfin, on m'a fait remarquer que je n'avais pas ou peu de photographies faites au moment du coucher ou du lever de soleil. Il y a deux raisons à cela. Tout d'abord un problème technique dû au principe de fonctionnement des appareils panoramiques à tourelle ( voir explications ici) et parce qu'en ville de nombreux bâtiments en cachent d'autres à cet instant. Or la zone au soleil est donc souvent très petite - sur la diapositive - et une partie trop importante des bâtiments reste dans l'ombre. Les photos sont pratiquement toujours décevantes dans ce format.

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La photographie panoramique en ville /nature
 

En ville on manque souvent de recul et dans la nature on souhaite souvent rendre sur une même photo toute l'étendue d'un paysage. La problématique n'est donc pas la même.

Comme je le disais dans le paragraphe sur le repérage, une partie importante du travail se fait avant la prise de vue. Remplir de manière harmonieuse 150° de champ en ville n'est jamais une simple affaire ! Tout d'abord parce que l'on manque souvent de recul... sauf sur la Place de la Concorde !

  • Ensuite, parce que les trottoirs sont souvent bien étroits et qu'il est parfois gênant pour le piéton d'installer son trépied.
  • La prise de vue dans certains endroits nécessite parfois des autorisations, quel que soit l'usage qui sera fait des photos. Même pour un usage personnel. A l'époque où j'étais encore amateur, on m'a demandé 2500 fr. pour pouvoir faire des photos un simple après-midi dans une cour intérieure ouverte à la circulation des piétons.
  • Et il ne faut pas souvent compter sur le manque de vigilance des gardiens. Dans certains cas ils sont là à peine deux minutes après que vous ayez sorti le trépied et dans le meilleur des cas il faut préparer le matériel et calculer son exposition avant de sortir, au dernier moment, le trépied. Et pas la peine d'insister une fois que une ou deux photos sont dans la boîte.
  • Enfin, Il ne faut jamais oublier que les façades sont souvent recouvertes d'échafaudages. Et là encore, si ce n'est pas très gênant avec un téléobjectif, c'est exaspérant en panoramique. En plus, quand ils s'installent, c'est pour un moment.
  • Je trouve qu'il y a encore plus de panneaux de signalisation depuis que je fais de la photographie panoramique ! Une vraie plaie... Heureusement il y a les logiciels de retouches d'images.

Et toujours les mêmes conseils :

  • Tourner autour du sujet.
  • Etudier toutes les lumières de l'année si possible, du matin très tôt au soir juste avant la nuit noire.
  • Ne pas hésiter à chercher des angles nouveaux, à ras du sol, en hauteur...
 
 

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